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 La servante de Dieu Élisabeth de France 1764-1794 (Procès de Béatification en cours)

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Stan
Admin
Stan

Date d'inscription : 30/08/2010
Localisation : Québec, Canada

La servante de Dieu Élisabeth de France 1764-1794 (Procès de Béatification en cours) Empty
MessageSujet: La servante de Dieu Élisabeth de France 1764-1794 (Procès de Béatification en cours)   La servante de Dieu Élisabeth de France 1764-1794 (Procès de Béatification en cours) Icon_minitimeVen Aoû 21 2020, 13:18

Citation :

La servante de Dieu
Élisabeth de France
1764-1794


La servante de Dieu Élisabeth de France 1764-1794 (Procès de Béatification en cours) Ob_562eb1_220px-madame-elisabeth-2

La princesse Élisabeth de France est la dernière des soeurs de Louis XVI. Connue
pour sa grande piété, elle a, tout au long de sa vie, manifesté un profond attachement
à son frère et à sa belle-sœur Marie-Antoinette qu’elle a suivis jusqu’au bout. L’année
dernière, l’archevêque de Paris a accepté de procéder à la réouverture de sa cause
de béatification. À cette occasion, il a nommé comme postulateur l’abbé Xavier Snoëk,
curé de Sainte-Élisabeth de Hongrie, « paroisse » de la prison du Temple, à Paris, où
fut détenue Madame Elisabeth avant son exécution. Le projet de promouvoir la
béatification de cette princesse de sang remonte au XIXe siècle. Sa piété, ses actes
de charité et sa mort tragique ayant presque suscité une forme de dévotion.

Elle est guillotinée avec vingt-quatre autres prisonniers le 10 mai 1794. Tout au long
du chemin les menant vers l’échafaud, elle les soutient, sa confiance en Dieu restant
inébranlable comme en témoigne cette prière qu’elle écrit dans la prison du Temple
avant d’être guillotinée  :

« Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu, je l’ignore. Tout ce que je sais,
c’est qu’il ne m’arrivera rien que Vous ne l’ayez prévu de toute éternité. Cela
me suffit, ô mon Dieu, pour être tranquille. J’adore vos Desseins éternels, je
m’y soumets de tout mon cœur. Je veux tout, j’accepte tout, je Vous fais un
sacrifice de tout ; j’unis ce sacrifice à Celui de votre cher Fils, mon Sauveur,
Vous demandant, par son Sacré-Cœur et par ses Mérites infinis, la patience
dans mes maux et la parfaite soumission qui Vous est due pour tout ce que
Vous voudrez et permettrez. Ainsi soit-il.»


Selon l’avis de ses contemporains, elle est morte en odeur de sainteté. Son
médecin, le docteur Dacy, la croise alors qu’elle est en route vers l’échafaud
et déclare : « Je viens de rencontrer un ange allant à l’échafaud ». Madame
de Genlis, mentionne également l’odeur de rose qui se répandit place de la
Concorde après son exécution
. À partir du début du XXe siècle, plusieurs
associations sont créées pour sa béatification mais la cause fut officiellement
introduite le 23 décembre 1953 par le cardinal archevêque de Paris.

10 mai 1794:
Les dernières minutes
de Madame Elisabeth


Elisabeth demande alors qu'on veuille bien lui accorder le secours d'un prêtre
Fouquier-Tinville a un geste de dérision en s'exclamant:

"Bah! Bah! Elle mourra bien sans la bénédiction d'un capucin!"

D'après ce qu'il confiera à la princesse de tarente, l'abbé Magnin, confesseur
de Marie-Antoinette, put aussi donner à la princesse la dernière absolution.

Une nouvelle fois, Elisabeth prie le concierge de bien vouloir présenter ses
compliments à sa soeur

Entendant ces mots, l'une des dames faisaient partie de la "fournée" lui
révèle alors l'exécution de la reine

-Je vois que vous ignorez encore que Madame votre soeur a subi le sort que
nous allons subir à notre tour

Un gardien, nommé Geoffroy a relaté que tous, comme attirés par une force
surnaturelle, venaient se grouper autour d'Elisabeth

A chacun elle disait un mot, une phrase, qui venaient du plus profond de son coeur

-Ayez confiance en Dieu, qui récompense tous les sacrifices maintenant accomplis...

Je vous conjure d'offrir votre vie pour le salut de votre âme, et aussi pour celui
de la France

Le comte Loménie de Brienne, ancien ministre de Louis XVI, gémit qu'il n'avait
cessé de faire le bien dans son domaine:

-Ah! Monsieur, s'il est beau de mériter l'estime de ses concitoyens, croyez qu'il
est encore plus beau de mériter la clémence de Dieu

Vous avez montré à vos compatriotes à faire le bien, vous leur montrerez
comment on meurt quand on a la conscience en paix

Mme de Montmorin pleure, non pas sur elle, mais pour son fils, si jeune, qui
tente en vain de la consoler

-Je veux bien mourir, mais je ne puis le voir mourir, lui...

-Vous aimez votre fils et vous ne voulez pas qu'il vous accompagne!
s'étonne Elisabeth

Vous allez trouver les félicités du Ciel, et vous voulez qu'il demeure sur
cette terre où il n'y a aujourd'hui que tourments et douleurs!

-Viens, viens, mon enfant, nous monteront ensemble! s'exclame la malheureuse
mère, transfigurée  (propos recueillies par Marguerite, une domestique
de Mme de Montmorin)

Mme de Lamoignon offre ses regret ce qui lui reste de vie, ainsi que la marquise
de Crussol d'Amboise, âgée de 64 ans

-Voyez mes amis, il faut nous réjouir: on n'exige point de nous, comme des
anciens martyrs, le sacrifice de nos croyances, on ne nous demande que
l'abandon de notre misérable vie!

Faisons à Dieu ce faible sacrifice avec résignation

On l'a vu, il n'y a pas que les aristocrates dans les derniers "entours" d'Elisabeth

"Ce cortège est bien l'emblème de la monarchie, qui n'est d'aucune classe,
mais appartient à toutes"

On vient procéder à la toilette funèbre des condamnés

Elisabeth sent sur son cou délicat la lame froide des ciseaux

La soyeuse chevelure tombe à ses pieds...

Elle sera vendue un bon prix avec toutes les autres

Un roulement sourd retentit dans la cour de Mai

Ce sont les charrettes, ces véhicules que Barère de Vieuzac appelle "les bières
des vivants", qui viennent chercher ceux qui doivent mourir

La princesse, peut-être en un dernier geste de coquetterie ou par respect des
convenances, recouvre ses mèches inégales d'un grand mouchoir blanc

Avant de partir, elle conjure lacomtesse de Sérilly de faire l'aveu de sa grossesse

-A quoi bon? répète la jeune veuve, pourquoi prolonger mes souffrances?

Élisabeth la raisonne, lui fait comprendre que c'est un devoir sacré envers
l'enfant qu'elle porte et en souvenir de son mari

Mme Sérilly finit par s'incliner et sera sauvée par la chute de Robespierre

Le ciel est radieusement bleu en ce 20 floréal, an II de la République

Les rues sur le passage des charrettes sont remplies d'une foule étrangement
silencieuse, "comme si la vue de la martyre arrêtait sur ses lèvres tout
blasphème et toute injure" notera moelle, membre de la Commune

L'abbé de Sambucy, devenu tourneur chez un quincaillier en face de la cour
de Mai, accompagne longtemps du regard la fine silhouette blanche; avec son
fichu de mousseline qui couvre ses épaules, elle tranche sur ses compagnons,
et semble déjà auréolée de la couronne des martyrs

Le cher docteur Dassy, le compagnon des promenades à Fontainebleau,
l'aperçoit par hasard

il se sent défaillir

Suffoqué de chagrin, il peut à peine se traîner vers son domicile et dire à
son épouse:-J'ai reçu un coup de mort.  Je viens de rencontrer et de reconnaître
dans une charrette un ange allant à l'échafaud!

il lui faudra plusieurs jours pour se remettre

Si certains, apercevant la charrette, commencent à huer et à lancer des injures,
lorsqu'ils reconnaissent la blanche jeune fille, ils se taisent "consternés"

Moelle, qui a vu souvent Élisabeth au Temple, se trouve à la descente du Pont-
Neuf, du côté du quai de l’École

il remarque à ce moment que le grand mouchoir blanc qui couvrait la tête
de la princesse vient de glisser et tomber à ses pieds

Le bourreau, debout à ses côtés, propose de le lui replacer, et, sur le refus
d’Élisabeth, il met le mouchoir dans sa poche

Le réflexe bien naturel de dissimuler l'horrible coupe de cheveux est dépassé

plutôt que d'être touchée par cet homme dont les mains ont été rougies par
le sang des siens, elle préfère rester tête nue

Moelle suit la charrette

Mmes Beugnot et Duquesnoy avaient fait demander à la jeune femme de bien
vouloir les bénir lorsqu'elle passerait à l'angle de la rue Royale
et de la rue Saint-Honoré...

"Le peuple l'admire et ne l'insulte point", relate Moelle

Détachée d'un montant de la charrette auquel on l'avait liée, elle se met
debout la première et, souriant à ses compagnons, elle leur dit presque
avec enjouement:"nous allons tous nous retrouver au ciel"

Descendue du véhicule, elle s'assied sur un banc avec "sa cour", le dos à l'échafaud

Fouquier-Tinville et Dumas, selon un usage cruellement raffiné, l'ont désignée
comme la dernière à passer sous le couperet

Mme de Crussol, appelée la première s'incline profondément devant la princesse
et lui demande la grâce de pouvoir l'embrasser

Élisabeth se souvient-elle de la petite fille qui refusait d'embrasser ceux qui
n'appartenaient pas à sa famille?

Elle sourit:
-Bien volontiers, et de tout mon cœur

Chez elle, ce n'est pas un vain mot

Toutes les femmes reçoivent ce baiser, baiser de paix, communion spirituelle avec
celle qui se trouve la plus proche du Sauveur

Les hommes ploient le genou:

"Elle préside ainsi, en vraie princesse du sang, sa dernière réception, entourée
des égards, du respect et de l'amour de ses compagnons"

Elle représente pour eux l'ange de la monarchie

ils saluent en elle louis XVI et aussi Louis XVII leur nouveau roi

Un homme s'approche, intrigué, curieux de savoir qui saluent les condamnés
avec autant de déférence

informé, le misérable s'exclame:
-On a beau lui faire des salamalecs, ricane-t-il, la voilà foutue comme l'Autrichienne

Élisabeth ne l'a pas entendu

Elle récite à haute voix le De profundis pour ceux qui escaladent l'échelle:

-De profondis clamavi ad te, Domine. Domine, exaudi vocem mean

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur. Seigneur, écoutez ma voix...

A cette place, contre l'échafaud, presque dessous, le choc de la chute du
couperet retentit affreusement jusqu'au fond de l'âme

Chaque fois que le bourreau accomplit sa sinistre besogne, la foule hurle:
"Vive la Nation! Vive la République!"

Acclamations auxquelles Calixte de Montmorin répond par un vibrant
"Vive le roi!" répété aussitôt par le brave Baptiste Dubois, domestique de son
état, peut-être secrètement fier de se trouver en compagnie d'aussi beau
monde pour mourir

Enfin l'abbé Chambertrand monte à son tour les marches raides

-Courage et foi en la miséricorde de Dieu, murmure Elizabeth en guise d'adieu

La voici seule...

-Élisabeth Capet!

Elle se lève sans hésiter

D'un pas ferme, elle gravit les degrés

"Au moment où on allait l'attacher à la planche, son fichu de mousseline glissa,
laissant apercevoir une médaille d'argent de la Vierge, ainsi qu'un petit portefeuille,
attachés à son cou par un même cordon de soie"
(Extraits du registre des dépôts au greffe du Tribunal révolutionnaire en date du 22 floréal)

- Au nom de la pudeur, couvrez-moi, monsieur

Avec douceur, le bourreau lui rajusta son fichu

Ce furent ses dernières paroles

La foule reste muette, sans réaction, figée

Aucun roulement de tambour ne se fait entendre...

Macé, capitaine de la garde nationale, de service au temple au cours de l'hiver,
"au moment d'ordonner le signal, tombe sans connaissance. Paralysé, mourant
presque, il dut être transporté par les gardes saisis de frayeur"

"toutes les relations et les Mémoires de ce temps s'accordaient à dire qu'à l'instant
où elle reçut le coup fatal, une odeur de rose se répandit sur toute la place Louis XV

On voit dans la vie des saints que ce miracle d'un parfum suave se répandant,
tout à coup, est arrivé plus d'une fois au moment de la mort de saints personnages"

"Si j'étais peintre, a écrit Ernest Daudet, et si j'avais à fixer le portrait de cette
boucherie sur la toile, je montrerais, au moment où la princesse reçoit le coup
de mort, une blanche colombe s'élançant de son corps mutilé... Cette image de
légende symboliserait une chose admirable: une âme de martyre allant au ciel,
non pour lui demander vengeance contre ceux qui l'on fait périr, mais pour
supplier de leur pardonner"

Comme saisie de stupeur, la foule s'écoule en silence

"Au moment où j'ai aperçu la charrette sur laquelle on place les cadavres et
les têtes des victimes, relatera la femme Baudet, concierge de l'hospice de
Devillars, rue du Regard, je suis partie comme le vent!"

"Elle est morte comme un héros, avec une telle patience et une telle tranquillité
que sa mort a produit, même parmi les monstres qui l'ont égorgée, un tel
étonnement que, le soir même du 10, il fut porté chez tous les imprimeurs et
journalistes un ordre du Comité du salut public, qui défendait de parler d'aucun
détail de cet évènement"

Derrière la guillotine stationne un tombereau attelé de deux chevaux

A l'intérieur, deux paniers: l'un relativement grand pour les corps, l'autre
plus petit pour les têtes des suppliciés

Escorté par la gendarmerie, le funèbre véhicule se met en marche en grinçant

Quelques rares cris isolés de "Vive la République!" s'élèvent, poussés par
des irréductibles

Lentement, le convoi suit les rues de la Madeleine, de l'Arcade, de la Pologne,
de Saint-Lazare et gravit la rue du Rocher

Nulle manifestation ne se produit sur le parcours

parfois, derrière la vitre d'une fenêtre, on devine un visage à demi dissimulé
par les rideaux

Quelques passants se signent furtivement

Au haut de la montée, la rue du Rocher dont le tracé est resté le même, prend
alors le nom de rue des Errancis, un simple chemin de terre qui conduit à la
barrière de Mousseau (aujourd'hui Monceau)

Il s'y élevait autrefois un calvaire que les révolutionnaires ont jeté bas

A une courte distance de la barrière, sur la gauche, pratiquée dans le mur
d'enceinte de la ville, se trouve une porte charretière qui donne sur l'enclos du
Christ, en raison de la grande croix qui dominait le terrain, et que l'on n'a pas
songé à débaptiser

Depuis deux mois, cet enclos, où l'on remarque encore des traces de culture,
sert de cimetière, celui de la Madeleine n'ayant plus suffisamment de terre
pour recouvrir les trépassés

dans l'enclos, une tranchée de 12 à 15 pieds a déjà été préparée

Le corps de Madame Élisabeth est aisément reconnaissable

Exécutée en dernier, elle repose sur la pile de cadavres et, de ce fait, ses
vêtements blancs sont à peine tâchés de sang

celle dont les derniers mots ont été un appel à la pudeur est alors dépouillée de
ses effets qui seront remis à l'Hôtel-Dieu, avec tous les autres

Les cadavres peut-être encore tièdes sont descendus et rangés dans la fosse,
mais (détail atroce) les têtes sont mises au petit bonheur

De sorte que si le fossoyeur déclarera plus tard que la princesse a été couchée
"face contre terre, dans le fond de la fosse, du côté le plus rapproché du mur",
il ne put préciser où se trouvait la tête...
Le fond de la tombe une fois rempli, on recouvre de terres les suppliciés, et ainsi
de suite jusqu'à la troisième rangée sur une hauteur de trois pieds de terre

(Au 97 rue de monceau, presque à l'angle que cette rue forme avec la rue du
Rocher, on peut lire sur une plaque: "Emplacement de l'ancien cimetière des
errancis où furent inhumés, du 24 mars 1794 au mois de mai 1795, les corps
de 1119 personnes guillotinées place de la Révolution"

La servante de Dieu Élisabeth de France 1764-1794 (Procès de Béatification en cours) Ob_8f3ea6_cimetiere-des-errancis

Quand le commis de l'exécuteur, le citoyen Desmouret, fouilla dans les poches
de Madame Élisabeth, il trouva les précieux trésors qu'elle avait voulu conserver
jusqu'au dernier instant: un mini-crucifix enfermé dans un médaillon en verre
cerclé d'or; un cachet en or en trois parties représentant les armes de France et
de Navarre "de l'Ancien Régime", l'autre une colombe et la dernière une tête
d'homme; une chaîne en or où se trouvait attaché un cœur contenant des cheveux
et une petite croix en or; une médaille d'argent représentant une immaculée
conception de la ci-devant Vierge et une petite clé de portefeuille...

( Source  Aleteia  Article mis à jour le 9 novembre 2017)
http://louis-xvi.over-blog.net/article-10-mai-1795-les-dernieres-minutes-de-madame-elisabeth-50411727.html



Stan

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"Une pieuse réserve sur ce qui nous échappe vaut mieux qu'une âpre discussion sur ce dont on est incertain" (Adam de Perseigne)
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