VERS LA NOUVELLE JÉRUSALEM
Bienvenue !
VERS LA NOUVELLE JÉRUSALEM

Forum Catholique Romain sous la protection de Saint Michel Archange !

La reproduction du contenu de ce site est permise, à la condition d'en citer la provenance, y incluant l'adresse de notre site, http://nouvellejerusalem.forumactif.com/

Merci !
VERS LA NOUVELLE JÉRUSALEM

Forum Catholique sous la protection de Saint-Michel
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  ForumForum  

Partagez | 
 

 La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?

Aller en bas 
AuteurMessage
LucJos
Assistant
avatar

Date d'inscription : 28/05/2013
Age : 78
Localisation : Belgique

MessageSujet: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   Sam Juin 23 2018, 12:35

La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?

La réponse de Jean-François Lambert
Maître de Conférences Honoraire en Neurosciences (Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis).
Ancien Directeur-adjoint de l’Institut d’Enseignement à Distance (IED) de l’Université Paris 8.
Professeur associé à l’Institut de Philosophie Comparée (Faculté Libre de Philosophie et de Psychologie).

Le cerveau humain est certes plus complexe que celui des primates non humains, mais cette différence,
à elle seule, ne saurait rendre compte des conduites et des modes d’appréhension du réel, propres à l’homme.


1/10

L’homme est un être singulier dans la nature.
Pour certains, il ne serait que la même chose que  les autres êtres vivants. Pour de nombreux paléontologues, au contraire,
la nature de l’homme s’origine dans l’affranchissement des déterminismes naturels dont procède le comportement animal.
Si l’homme est conditionné par ses impulsions naturelles, il n’est pas contraint par elles.

L’homme se singularise par son psychisme

Ainsi, la faible différenciation morphologique du corps humain (relativement aux grands singes) est «sans rapport avec la grandeur du rôle qu’il tient dans la biosphère» (Jean Piveteau). Chez l’animal, la structure générale du corps détermine un genre de vie spécifique. Il n’en est rien chez l’homme. Le nombre de conduites innées est extrêmement limité. Par quel mécanisme, tout en perdant les commandes programmées de sa conduite, l’homme a-t-il pu s’imposer ?

Le perfectionnement de son cerveau permettant l’apparition, de nouvelles fonctions en étroite corrélation avec d’autres changements morphologiques, apparaît évidemment comme une condition nécessaire à cette transformation, mais elle n’est pas suffisante. Comme le souligne encore Jean Piveteau, toute tentative de fondement de la singularité humaine sur des critères exclusivement anatomiques «ne peut être que facteur d’indécision : le critère psychique est de beaucoup prépondérant».

Proche mais différent des singes

On insiste souvent sur la proximité génétique des humains et des grands singes. La différence entre les génomes ne serait que de 1,5% (en fait les estimations varient entre 0,5% et 10%). Seul 0,8% des protéines qui nous constituent seraient propres à l’homme. Sachant que le génome humain compte 3 milliards de paires de bases, il convient de souligner que 1,5% de différence entre le génome de l’homme et celui du chimpanzé, cela représente 45 millions de différences entre les deux espèces, ce qui est loin d’être négligeable ! À la limite, on pourrait même imaginer qu’une seule mutation puisse avoir des conséquences considérables.

A suivre...

_________________
Couvre-nous, Seigneur, de Ton Précieux Sang !
Revenir en haut Aller en bas
LucJos
Assistant
avatar

Date d'inscription : 28/05/2013
Age : 78
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   Dim Juin 24 2018, 07:40


2/10

La parole est le propre de l’homme.
Seul de tous les vivants, l’homme est capable, grâce au langage articulé, de donner un nom aux êtres et aux choses.
L’expression verbale suppose, outre une différenciation corticale poussée, un ensemble coordonné d’aménagements
de la sphère laryngo-pharyngo-buccale et de la ventilation pulmonaire. Le langage ne constitue pas seulement un moyen
d’échange d’informations : il transforme totalement le mode d’appréhension du réel par l’homme qui sur ce point
se distingue radicalement de l’animal.


Par le langage l’homme se constitue un monde

Percevoir, en effet, n’est plus seulement recevoir des stimuli venus de l’extérieur, mais donner un sens intelligible à une observation. Le mot lui-même n’est pas une empreinte de l’objet en soi et le langage ne constitue pas une réplique absolue du réel. La connaissance ne se réduit pas à la perception sensible.

Chez l’homme, la relation au monde est médiate, elle implique une distanciation à l’égard de la nature. En ce sens, le langage n’intervient pas seulement pour représenter des objets, il contribue à leur constitution en tant qu’objet. Le monde «réel», avant de passer au crible du langage humain, n’est donc pas un monde d’objets. Il ne le devient que par et pour l’homme.

Une inversion du rapport au monde

Le mode d’appréhension du réel chez l’animal est radicalement différent. L’animal ne vit pas dans un monde d’objets mais de stimuli. Ses comportements sont directement liés aux nécessités biologiques. Ils sont en prise directe sur la nature. L’animal n’a pas le sens du signe puisqu’il ne peut pas prendre ses distances par rapport au réel. Chaque espèce répond de manière appropriée à des stimuli spécifiques.

L’homme, au contraire, sort de l’animalité totalement dépourvu de déterminismes instinctifs. Il a certes des besoins physiologiques, mais la manière d’y pourvoir n’est pas figée. À l’équilibre écologique du monde, subi par les êtres vivants, se substitue un monde humain médiatisé, «artificiel».

Dans la nature, c’est le réel qui se projette sur l’animal; dans la culture, c’est l’homme qui se projette sur le réel pour constituer un monde (humain). L’instabilité humaine rompt avec la stabilité animale. En ce sens, l’activité du cerveau de l’homme est bien différente de celle du cerveau des animaux. Le cerveau humain est un organe de tâtonnement et d’indétermination (Piveteau) qui ouvre un espace à la liberté. C’est précisément la perte de toute référence naturelle obligée, de toute normalité, qui fait de l’homme un être normatif, un être moral capable de jugement de valeur. Qu’y a-t-il donc dans le cerveau qui le dote de cette qualité unique ? Est-ce bien seulement dans le cerveau qu’il convient de chercher ? Sinon dans quel ailleurs ?

3/10

Certes il est possible de transmettre à certains chimpanzés des rudiments de langage humain,
mais il ne s’agit évidemment pas de production verbale. C’est l’usage de la langue des signes, de manipulation de jetons
symbolisant un concept ou une action ou encore d’utilisation de lexigrammes (sorte de pictogrammes). Les chimpanzés
ainsi «instruits» sont effectivement capables, après des centaines de répétitions et plusieurs années d’entraînement
d’utiliser de tels signes pour communiquer avec l’expérimentateur. Ils n’ont cependant pas d’eux-mêmes accès
à une véritable syntaxe.


Une forme sophistiquée de communication

Il s’agit toujours d’échanges portant sur la satisfaction de besoins primaires. Ces travaux pionniers ont été poursuivis et étendus, mais leur interprétation reste problématique. Il ne s’agit, pour certains, que d’une forme sophistiquée de conditionnement. Il n’est pas démontré que les chimpanzés aient vraiment compris le caractère arbitraire du signe. Il est également douteux qu’ils aient vraiment accès à une syntaxe.

C’est l’homme qui fait la promotion du singe

Quoi qu’il en soit, même en supposant que les chimpanzés puissent vraiment avoir accès à des rudiments de langage humain, il ne faut pas oublier dans quelles conditions et par qui cet accès leur est offert. Ces singes deviennent plus proches de l’homme parce qu’ils sont «promus» par lui à un statut supérieur à celui qu’ils tiennent de leur seule nature. Les chimpanzés n’ont jamais utilisé spontanément des symboles linguistiques.

En fait, dans ces expériences ce n’est pas le singe qui «parle» mais le complexe homme-singe. C’est l’homme qui a appris à se servir du cerveau du singe. C’est l’homme qui «informe» le cerveau du singe. Il est également intéressant de constater qu’aucune modification du cerveau des anthropoïdes n’est nécessaire à l’accroissement de leurs performances. Ainsi donc, ce cerveau, stabilisé depuis des millions d’années, possède des potentialités supérieures aux seules exigences adaptatives de l’espèce. La sélection naturelle seule ne saurait justifier une telle capacité puisque ladite sélection ne peut s’appliquer à un mécanisme qui ne sert à rien. La sélection naturelle opère exclusivement sur ce qui produit un effet. Elle n’a donc pas pu sélectionner des aptitudes qui ne se manifestaient pas. La même question se pose à propos des capacités du cerveau humain. On peut, en effet, supposer que le cerveau humain est lui-même potentiellement capable de performances bien supérieures à celles qui se sont stabilisées depuis l’invention de l’écriture. Mais alors qui viendra «l’instruire» ?

A suivre...

_________________
Couvre-nous, Seigneur, de Ton Précieux Sang !
Revenir en haut Aller en bas
LucJos
Assistant
avatar

Date d'inscription : 28/05/2013
Age : 78
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   Mar Juin 26 2018, 07:46


4/10

La singularité humaine ne s’explique pas seulement par l’évolution du cerveau.
Le cerveau humain se singularise d’abord d’un point de vue quantitatif par l’importance de son volume
(relativement à la masse corporelle), le nombre de ses composants et la complexité de leurs arrangements.
Les différences avec les singes anthropoïdes restent toutefois modestes et sans rapport avec le développement
qualitatif des conduites propres à l’homme et celui de la conscience qu’il a de lui-même.


Au niveau anatomique

La singularité apparaît davantage dans le développement du cortex cérébral et particulièrement des aires frontales en rapport avec les fonctions dites exécutives (raisonnement, décision, inhibition), relativement aux structures impliquées dans les processus sensorimoteurs et dans les comportements automatiques. Du point de vue des constituants, à l’exception peut-être de certaines cellules motrices (cellules de Betz), le cerveau humain n’innove guère. Le nombre de catégories de cellules dans le cerveau humain n’augmente pas davantage. C’est le nombre de cellules dans chaque type qui s’accroît différentiellement. On constate également d’importants ajustements au sein des voies sensorimotrices qui ne sont pas sans rapport avec la fabrication et l’usage des outils et avec le développement du langage articulé.

Au niveau fonctionnel

Au niveau des mécanismes élémentaires, rien d’original ne peut être décelé chez l’homme : les processus de synthèse, les neurotransmetteurs, les mécanismes synaptiques, la genèse et le cheminement des potentiels d’action sont identiques à ceux de n’importe quel animal. Comme le souligne J.P. Changeux «Au niveau des mécanismes élémentaires de la communication nerveuse, rien ne distingue l'homme des animaux. Aucun neurotransmetteur, aucun récepteur ou canal ionique n'est propre à l'homme». Il n'y a donc rien de spécifiquement humain dans le cerveau humain. Il en va de même des schèmes fonctionnels assurant les grandes régulations comportementales (nutrition, sommeil, douleur, apprentissage). Il existe certes des différences significatives dans l’organisation et la finalité de ces conduites, mais aucun mécanisme nouveau n’est à l’œuvre. Les changements les plus significatifs ne sont pas tant au niveau morphologique que dans la manière dont ces changements sont investis (vécus) par les humains (changements qui conditionnent, en partie, cet investissement). Le cerveau humain se singularise également par la dynamique de son développement qui se poursuit plus longtemps après la naissance que chez tout autre espèce (grande immaturité du cerveau à la naissance et lenteur de son développement).

5/10

Il n’existe pas de relation univoque entre la complexité du cerveau et le niveau des performances cognitives.
On a longtemps admis que l’évolution des conduites était directement liée à celle du cerveau. Or, il semble bien que ce ne soit pas
toujours le cas. Mais alors, comment interpréter la relative indépendance des performances vis-à-vis du substrat biologique ?

De surprenantes discordances

En effet, par exemple, les performances de certains céphalopodes ne manquent pas d’étonner. Les pieuvres sont capables d’apprentissage par imitation, voire de conduite de détour, que l’on pensait réservée aux vertébrés, sinon aux seuls mammifères. Elles sont dotées d’un œil « caméra » dont la structure est proche de celle des yeux de vertébrés, à ceci près que leur rétine est «directe» et non «inverse». Selon un récent travail, les abeilles auraient même accès à des formes de raisonnement formel. Certains oiseaux (corbeaux, geais) qui ne possèdent pas de néocortex sont capables de performances supérieures à celles de beaucoup de mammifères et même parfois semblables à celles des primates non humains. En outre, alors que le cerveau de Bismarck pesait plus de 1800 grammes et celui de Trotski plus de 2000, celui d’Anatole France n’atteignait guère plus de 1000 ! Plusieurs cas de personnes au comportement tout à fait normal mais au cerveau «creux» ont même été décrits. Est-il alors légitime d’associer nécessairement la complexité du cerveau à celle des comportements ? Sinon, cela n’invite-t-il pas à considérer que le psychisme n’est pas réductible à son support matériel ?

A suivre...

_________________
Couvre-nous, Seigneur, de Ton Précieux Sang !
Revenir en haut Aller en bas
LucJos
Assistant
avatar

Date d'inscription : 28/05/2013
Age : 78
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   Ven Juin 29 2018, 06:54


6/10

Il n’y a pas d’humanité dans les neurones du cerveau humain.
Une équipe de biologistes américains a récemment annoncé avoir créé une souris dont une partie du cerveau
était colonisée par des neurones issus de cellules d'embryons humains.  Outre le fait qu’elles auraient de meilleures
performances d’apprentissage, les souris ainsi «humanisées» conservent évidemment des comportements de souris.

Ce n’est pas le neurone qui fait l’homme

Mais, selon les auteurs, ce résultat n'est qu'une étape, l'objectif étant de parvenir à obtenir une souris ne possédant que des neurones humains. Comme le souligne l'un des chercheurs engagés dans ce travail, à partir de quel pourcentage du cerveau de souris constitué de cellules humaines devrait-on commencer à s'inquiéter et pourquoi ou de quoi, au juste, il conviendrait de s'inquiéter.

Y a-t-il quelque chose d'humain dans les neurones humains qui serait susceptible d'humaniser une souris ? Évidemment non ! C’est du contexte dans lequel s’insère le neurone que dépend sa contribution à la performance et non pas de propriétés intrinsèques au neurone lui-même. Ce n'est pas le neurone qui fait l'homme et des neurones «humains» dans un environnement murin donneront évidemment un cerveau de souris.

7/10

Le cerveau humain ne contient rien de proprement humain.
Selon le célèbre neurophysiologiste John Eccles «c’est une mesure de notre ignorance que l’on ait pu identifier
dans le néocortex aucune structure particulière, ni aucune propriété physiologique par quoi le cerveau humain
se distinguerait nettement de celui d’un singe anthropoïde». De récents travaux semblent pourtant indiquer
quelques subtiles différences dans l’organisation du cortex cérébral chez l’homme.

Bien peu d’originalité du cerveau humain

Pour Eccles, en effet, «L’extraordinaire différence entre les performances est difficile à attribuer à une simple multiplication par trois des modules [corticaux]. Nous ne savons rien du développement qualitatif qui permettrait de rendre compte des performances absolument uniques du cerveau humain». De récents résultats conduisent à relativiser cette affirmation. La comparaison du cortex préfrontal de l’homme et du macaque a, en effet, permis de constater que ce cortex préfrontal se compose de 12 subdivisions qui ont, toutes, leur équivalent dans le cerveau du macaque, sauf une.

Cette aire nommée pôle frontal latéral, présente seulement chez l’homme, serait associée aux fonctions cognitives propres à l’espèce humaine, telles que la flexibilité cognitive et l’analyse fine du langage. D’autres travaux indiquent également l’existence de réseaux corticaux propres à l’homme. (notamment un réseau latéral fronto-pariétal impliqué dans la conscience). Quelle que soit l’importance relative de ces modifications dans le processus d’hominisation, il semble bien difficile d’y voir la seule origine de cette capacité vraiment propre à l’homme de donner un sens à ce qui est et à qu’il fait, de s’interroger sur son origine et sa fin, de revendiquer une dignité et des droits (capacité dont l’avantage évolutif est loin d’être évident). Oui, la singularité humaine est largement découplée des régulations physiologiques.

A suivre...

_________________
Couvre-nous, Seigneur, de Ton Précieux Sang !
Revenir en haut Aller en bas
LucJos
Assistant
avatar

Date d'inscription : 28/05/2013
Age : 78
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   Lun Juil 02 2018, 05:10


8/10

Si l’humanité de l’homme ne réside dans aucun «composant» neurologique,
d’où tient-il alors son humanité ? On répond souvent : de la culture. La production et l’utilisation d’outils
constituent, avec le développement conjoint de la fonction symbolique et du langage, un critère décisif
de la singularité humaine et de son statut particulier dans la biosphère.
Mais la culture elle-même n’est-elle pas le produit des cerveaux ?

De l’instrument à l’outil

Il existe certes des possibilités de médiations instrumentales chez de nombreuses espèces animales, mais il est abusif de parler d’outil au sens humain du terme dans la mesure où l’instrument en question est un objet naturel qui ne subit aucune transformation planifiée, qu’il est choisi à proximité, est utilisé immédiatement et abandonné ensuite. L’outil humain, au contraire, est le résultat d’une appropriation, d’une transformation, d’un détournement, en fonction d’un projet impliquant la temporalité, le détour, l’action différée. Avec l’homme, l’outil devient rapidement indépendant du besoin.

La fabrication d’outils suppose donc un minimum de fonction symbolique. C’est pourquoi l’outil est, chez l’homme, inséparable du langage. L’évolution de l’outillage traduit celle du psychisme et non l’inverse. Ainsi, les grandes inventions qui ponctuent les grandes étapes du développement humain ne paraissent pas avoir de causes réellement externes mais sont plutôt dues à des possibilités latentes de son cerveau sinon de son psychisme. La sélection naturelle opère exclusivement sur ce qui existe. Elle n’a donc pas pu trier des aptitudes qui ne se manifestaient pas (revoir l’exemple des chimpanzés «instruits»).

9/10

Selon le neurobiologiste Michael Gazzaniga, nous serions la seule espèce croyante et nous tiendrions
cette spécificité du fait de la présence dans notre hémisphère cérébral gauche d’un «module interprète», autrement dit, une
machine à nous raconter des histoires. Et la première de ces histoires (de ces croyances) serait de nous croire libre.
Selon lui, nous serions paradoxalement contraints (par la nature de notre cerveau) de nous croire libres. Mais on peut aussi
voir dans cette contrainte une condition naturelle de notre liberté.


Homo credens

Nous sommes, en effet, nécessairement conduits à postuler l’existence d’agents intentionnels à l’origine de tout comportement apparemment finalisé. Dès l’âge d’un an, les bébés comprennent que seuls des agents doués d’intention sont capables de mettre de l’ordre dans le monde physique. Nous ne pouvons pas nous empêcher de chercher une cause à ce qui advient. Selon Gazzaniga, cette capacité spécifiquement humaine d’attribution causale est liée à l’émergence d’un module cérébral particulier, «générateur d’hypothèses», associé au fonctionnement de l’hémisphère gauche. L'activité d’un tel module consiste à mettre de l'ordre dans les comportements engendrés par les autres modules mentaux.

Ce module particulier «interprète» les comportements, bâtit des théories, élabore des croyances. Les animaux sont capables d'associations, mais seul l'homme est capable d'inférer, d'inventer des relations arbitraires constitutives de la culture humaine. Toujours selon Gazzaniga, le langage rend compte des opérations de l'interprète, mais ne réalise pas par lui-même ces opérations. Le module «générateur d’hypothèses» cherche à donner toujours plus de cohérence à la conduite, en élaborant des théories de plus en plus unificatrices (économie cognitive). Les croyances religieuses constitueraient cette étape ultime de recherche de cohérence dont le monothéisme serait le terme. La croyance constituerait ainsi le fait humain irréductible. L'homme ne peut pas ne pas croire (ne peut pas ne pas attribuer une origine, donner un sens, à ce qui advient).

10/10

L’homme est corps, âme et esprit.
Contrairement à la conception commune qui voit dans le corps et l'âme (matière et esprit; cerveau et mental)
deux composantes de la personne, pour l'anthropologie biblique l'être entier de l'homme comporte l'esprit, l'âme et le corps.
À la dichotomie habituelle âme-corps, commune à tous les êtres vivants l'esprit (au sens spirituel et non pas cognitif du terme)
s'ajoute pour l'homme d'une manière distinctive.

L’âme comme interface entre le corps et l’esprit

Une telle conception tripartite s'accorde d'ailleurs avec les données scientifiques qui ne montrent, nous l’avons vu, que fort peu de différence biologique entre le chimpanzé et l'homme. La singularité humaine, avec le passage à la conscience réflexive et à l'éthique ne peut s'expliquer, nous l’avons dit, par le seul triplement du volume cérébral ou de la surface corticale de l'homo sapiens. Ce n'est donc pas dans l'empirique objectivable qu'il convient de chercher l'irréductible spécificité humaine mais dans le fait que, seul de tous les vivants, l’homme est capable de donner un nom aux êtres et aux choses, de donner un sens à ce qui est, de revendiquer des valeurs. En clair, de telles capacités sont celles généralement reconnues à un esprit tel que l'entendent les philosophes : ce qui a de la volonté, des projets, une mémoire, une conscience. Or, pour un matérialiste conséquent, la matière, c'est ce qui n'est pas esprit, c'est-à-dire qui ne possède aucune de ces caractéristiques de l'humain. Ce n’est donc pas de la seule matière que l’homme peut tenir ce qui le fait proprement humain.

Le don de l’esprit

Tout se passe comme si, en effet, une nouvelle source d'information était nécessaire à l'humanisation. L'extraordinaire surgissement des  potentialités de l'esprit échappe à la nature. Comment y a-t-il de la «personne» dans l'univers ? La science ne peut apporter de réponse à cette question puisque sa méthode suppose l'objectivation de ce dont elle traite.

«Dans l'homme, l'information n'est pas seulement biologique.
Tout en étant de parenté animale, le corps humain n'est pas seulement doué d'un psychisme fonctionnellement
dominé par les nécessités de la vie; il est encore au service de l'esprit qui exprime par lui son originalité.
Mais loin donc de couper l'homme en deux, l'esprit s'y montre le principe d'une unité nouvelle»
(G. Martelet)


https://questions.aleteia.org/articles/150/la-specificite-de-lhomme-ne-tient-elle-qua-son-cerveau/

_________________
Couvre-nous, Seigneur, de Ton Précieux Sang !
Revenir en haut Aller en bas
georges
membre


Date d'inscription : 10/11/2017

MessageSujet: Re: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   Lun Juil 02 2018, 19:57

ces cerveaux de souris a neurones humains me font penser à l'affaire Pechanski , grand mobilisateur pour l’instrumentalisation des cellules souches embryonnaires…où , là ce sont des cerveaux humains qui ont reçu greffe de neurones ... d'embryons humains ( ce n'était pas autorisé mais il n'y avait pas d'article de loi donnant pénalité à ces pratiques de recherches non autorisées )

Il est partie prenante des articles bioethique jusque dans le journal de la Croix


https://mail.google.com/mail/u/1/#inbox/16281e7e4b93cede?projector=1&messagePartId=0.1

Marc PESCHANSKI, Militant d’extrême gauche, engagé auprès du mouvement trotskiste Lutte ouvrière déclare lui-même vouloir mettre ses recherches au service de l'idéologie politique.« En toutes choses, Marc réagit en militant, c’est sa marque de fabrique : pour lui, la politique et la recherche procèdent d’un même engagement », confirme son frère Denis. (Le Monde, 20/03/2007)

Ses diatribes agacent parfois ses proches, irrités de « son obstination à toujours avoir raison ». D'autres lui reprochent « un ego à la mesure de son talent », ou encore une ambition dévorante, qui conduit ce farouche défenseur du service public à se tourner vers le privé pour subventionner son laboratoire. Surprenante contradiction de la part de quelqu’un qui déclare par ailleurs « Le capitalisme doit disparaître » (Le Monde du 20/04/2011).

Partisan du clonage thérapeutique, afin d'obtenir « du matériel biologique » pour ses expériences, il n’hésite pas à détruire des embryons humains pour satisfaire ses ambitions.

En 1991, il fait ses premières expériences dans la maladie de Huntington (mouvements involontaires et incoordonnés). Ce sont des neurones de fœtus vivants provenant d'IVG (Inserm 861) qui sont implantés dans le cerveau de patients. Echec. A cette époque les premières implantations de cellules souches embryonnaires chez les myopathes seront des échecs de même.

En 1996, en première mondiale, il greffe cette fois-ci des cellules souches embryonnaires, toujours dans le cadre de la maladie de Huntington. Après un mieux de trois ans, les quatre patients retomberont dans le même état. Ils feront des cancérisations du cerveau et des rejets. Tels sont les inconvénients majeurs des greffes de cellules souches embryonnaires. Nouvel échec. Certains journaux parleront de « catastrophe ».

En 2002, il présente un succès dans le cadre des greffes de cellules souches embryonnaires dans le cerveau de 15 parkinsoniens. Annonces en première page des journaux. Il explique à Europe I que les prélèvements sont faits sur des fœtus vivants « selon des conditions éthiques ». Très vite les malades présentent des maux de tête, des mouvements incoordonnés. Ils supplient d'être débarrassés de la greffe. C'est impossible. Ils mourront aussi vite que les personnes du groupe témoin, mais dans des souffrances indicibles. Nouvel échec. A cette époque, il s'agit pour Peschanski de faire pression sur le législateur dans le cadre du renouvellement des lois de bioéthique de 2004. Pour lui, « la morale est une entrave à la recherche ».
Il a plus de réussite au niveau politique que scientifique, puisqu’il obtenient, par dérogation, l’autorisation de détruire des embryons humains à des fins de recherche.

En 2004, Marc Peschanski va visiter le laboratoire du Dr Hwang à Séoul. Il revient persuadé de la qualité de ses recherches et de la nécessité du clonage. Mais Hwang, est un imposteur. En réalité, le clonage et l’usage de cellules embryonnaires n’ont jamais donné de résultat permettant d’envisager un quelconque traitement thérapeutique.

Marc Peschanski commence à en prendre conscience, mais peu lui importe les échecs, son objectif est l'usage de l'être humain comme d'un simple matériau ; il a trouvé « SA niche scientifique » et compte bien s’y maintenir.

En 2005, il fait une déclaration devant la Commission parlementaire des choix scientifiques. Il déclare que « le clonage est nécessaire à l'industrie cosmétique ». Apparemment il est déjà en relation avec des laboratoires privés.

En 2006, on retrouve Marc Peschanski au cœur de la polémique à propos de l'utilisation des dons du Téléthon pour financer ses recherche. Il qualifie le débat éthique qui s'est engagé à cette occasion de « tentative des fondamentalistes de faire sortir les soutanes de la naphtaline ».

En 2007, le Pr Yamanaka réussit à produire des cellules souches pluripotentes induites (iPS cells en anglais) à partir de cellules humaines adultes, ce qui ne pose donc aucun problème éthique. Ces cellules offrent les mêmes perspectives que les cellules embryonnaires, avec le risque de rejet en moins, puisque les cellules proviennent du patient lui-même. Pour ces travaux, Yamanaka reçoit le prix Nobel de médecine 2012.

Mais Peschanski s’entête. En 2011, son équipe, publie les résultats d’une étude qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers d’embryons humains, alors que l’utilisation de cellules iPS était possible. Or la loi française ne permet l’utilisation d’embryons humains à des fins de recherche que « s’il n’existe pas de méthode alternative d’efficacité comparable ».
Cette fois, c’est le milieu scientifique qui s’émeut ; le Quotidien du médecin titre : « Une annonce scientifiquement injustifiée et politiquement inopportune ».
Suite à la polémique qu’il a provoquée, Peschanski n’a de cesse de faire changer la loi de bioéthique.

Alors qu’un à un, les pays abandonnent l’étude des cellules embryonnaires au profit des iPS, la France, pour la seule satisfaction de Marc Peschanski, assouplit sa loi en juillet 2013. L’embryon devient officiellement « un réactif de l’industrie pharmaceutique ».
Pendant ce temps, le Canada produit le premier médicament fabriqué à base de cellules iPS et le japon réalise les premiers essais cliniques de médecine régénérative sur des cellules iPS.

Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune, résume ainsi la situation : « L’utilisation de l’être humain comme matériau de laboratoire est donc non seulement immorale, mais aussi compliquée (il faut passer par l’assistance médicale à la procréation), et surtout inutile. En somme, plus la recherche sur l’embryon s’avère inutilement immorale, et plus le pouvoir en place libéralise les conditions de son utilisation comme un simple matériau de laboratoire. ». La Fondation Jérôme Lejeune, moins connue que l’AFM (et donc largement moins pourvue en dons), réalise néanmoins de sérieux progrès dans le traitement des maladies génétiques (notamment la trisomie 21). Sa position morale lui a valu le saccage de son centre de consultation, le 5 août dernier, par les amis de Marc Peschanski. (INSERM).


A remettre aux pieds du Ressuscité !





Source info : P. Dumollard (cf ci-dessous).
Revenir en haut Aller en bas
LucJos
Assistant
avatar

Date d'inscription : 28/05/2013
Age : 78
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   Mar Juil 03 2018, 08:18

georges,

Un animal, avec son instinct et son "intelligence" limitée, est absolument incapable de commettre des actes aussi sordides que ceux que vous évoquez dans votre post. Ceci prouve bien que l'homme, même s'il a beaucoup de ressemblance avec nos amis les animaux, les quadrupèdes surtout, possède quelque chose de plus, et pas seulement une intelligence supérieure, mais aussi la possibilité, la liberté, de commettre tantôt le bien tantôt le mal : chaque être humain, quel qu'il soit, ressent continuellement en lui cette possibilité-liberté et tant bien que mal essaie de lutter pour prendre ce qu'il sent être la bonne direction. Pourtant certains semblent préférer le mal. Est-ce par orgueil ou par cupidité, volontairement ou involontairement, difficile à dire et nous n'avons pas les moyens nécessaires pour les juger. Il ne nous reste plus qu'à prier sincèrement pour eux afin que le plus grand nombre soit sauvé.


"Et moi, dès que j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi.”
(Jean 12.32)


Bien à vous,
LucJos

_________________
Couvre-nous, Seigneur, de Ton Précieux Sang !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?   

Revenir en haut Aller en bas
 
La spécificité de l'homme ne tient-elle qu'à son cerveau ?
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VERS LA NOUVELLE JÉRUSALEM  :: Adoration perpétuelle-
Sauter vers: