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 Carême dans la ville

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Lily-Anne
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MessageSujet: Carême dans la ville   Mer Fév 21 2018, 12:22

J'ouvre ce fil pour permettre à chacun de lire, de méditer et peut-être réagir sur le forum  Very Happy


Je ne viens pas chaque jour donc si certains peuvent faire le relais les jours où je ne viens pas  Merci +++


Pour le service de Dieu et de nos frères. 


Lily-Anne




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En pause
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Livre de l’Exode, chapitre 20, versets 10 et 11





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Frère Adrien Candiard,
Couvent du Caire
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Ecouter


La première fois, dans la Bible, que Dieu nous demande d’agir comme lui, c’est pour nous dire de l’imiter dans ce qu’il a pourtant de plus inimitable : sa fonction de Créateur ! Heureusement, il ne nous demande pas de créer à notre tour le ciel et la terre, le soleil et les étoiles, les musaraignes et les ornithorynques. Pour nous, ressembler au Créateur, c’est accepter de nous reposer, comme il s’est reposé au septième jour d’après le livre de la Genèse.
Bonne nouvelle pour les paresseux du monde entier ! 
Et pourtant, les chrétiens ne se sentent en général guère concernés par ce commandement, qui nous dit cependant quelque chose d’essentiel : créer, ce n’est pas produire. Produire, nous savons bien ce que c’est : on ne cesse de nous demander de produire, et quand nous n’en sommes plus capables, quand nous ne participons plus à la chaîne, on nous considère bien vite comme inutiles. On sait combien ce processus peut devenir déshumanisant, quand il prend toute la place. On moquait jadis la routine citadine « métro – boulot – dodo », mais on est plutôt heureux aujourd’hui quand on a un emploi, que le métro fonctionne et que les inquiétudes ne font pas fuir le sommeil. Créer implique bien autre chose : non pas nier les nécessités économiques qui nous font vivre, mais savoir leur poser une limite, qui permet de ne pas en être esclave, qui permet d’en rester le maître et d’y trouver un sens.
Retrouver la ressemblance avec le Dieu Créateur, c’est, comme lui, savoir cesser de faire pour commencer à être.


Les temps modernes de Charlie Chaplin - 1936
Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris



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Lily-Anne
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Jeu Fév 22 2018, 12:40


"Mon commandement, le voici: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés."

Évangile selon saint Jean, chapitre 15, verset 12



Ce commandement de Jésus n’est pas seulement le plus célèbre ou le plus important ; il peut être aussi le plus décourageant. L’amour est une excellente chose, tout le monde est bien d’accord là-dessus, jusqu’aux chansons qui passent à la radio et aux unes des derniers magazines. Il n’est pourtant pas certain qu’on puisse en faire l’objet d’un commandement. Et surtout, il y a ce petit ajout de Jésus : « Comme je vous ai aimés. » Faut-il donc, pour être chrétien, imiter Dieu jusqu’à ce point ? Car comment nous a-t-il aimés ? 
Jusqu’à se dépouiller de sa divinité pour assumer notre chair, avec sa faiblesse et ses souffrances, jusqu’à la mort sur la croix. Quand bien même je voudrais l’imiter en cela, je m’en reconnais bien incapable. Le Christ nous aurait-il laissé, comme commandement suprême, un exemple impossible à suivre ?
À moins de comprendre que « comme je vous ai aimés » a un sens bien plus fort que celui d’un modèle ; c’est l’indication de la source où aller puiser un amour toujours nouveau. « Comme je vous ai aimés », c’est-à-dire avec l’amour que je vous donne, avec l’amour dont je vous aime. Si vous ne savez pas comment aimer les autres avec les ressources de votre cœur trop étroit, venez vous servir dans mon cœur à moi, venez vous servir dans mon amour. Aimez, parce que vous êtes aimés. Jésus ne nous donne pas ce commandement sans nous donner, en même temps, le moyen de l’accomplir : cet amour dont il nous aime, cet amour qui est la présence même de Dieu en nous.
Retrouver la ressemblance avec le Dieu d’amour, c’est commencer par accepter de me laisser aimer.

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albanor
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Jeu Fév 22 2018, 15:38

Bonjour Lily Anne, voici un texte du prêtre orthodoxe George Papavarnavas, sur ce merveilleux commandement, ici ayant plus trait à l'amour que les enfants et les parents doivent avoir entre eux (car je connais bien des familles ou l'amour entre enfants et parents est brisé, à cause de l'ego, l'amour propre, etc...)

Saint Jean Chrysostome a pris soin de sa mère, Sainte Anthusa, et après son repos, il actualisa son désir, et se retira dans le désert pour se consacrer à Dieu. Et Saint Grégoire le Théologien se tenait près de sa mère, et s'occupait personnellement d'elle quand elle était malade. Il a écrit ce qui suit dans une lettre à Basile le Grand : "Car je suis assis près de ma dame, ma mère, qui souffre depuis longtemps de la maladie".

De nombreux exemples pourraient être mentionnés, mais nous croyons que ce qui précède est suffisant pour révéler que le comportement des saints envers leurs parents, est admirable et révèle la grandeur de leur sensibilité, et que le véritable amour a remplir leur coeur. Ce comportement des saints envers leurs parents, devrait être un modèle et un exemple pour notre comportement envers nos parents. Après tout, l'amour des enfants envers leurs parents, ainsi que les parents envers leurs enfants, et généralement envers tous les proches de la chaire, n'est pas particulièrement important, car c'est l'amour naturel et même les animaux déraisonnables montrent la même chose, leur manière remarquable et exemplaire.

Autrement dit, cet amour est dans la nature de l'homme, et il ne nécessite pas de lutte ou d'effort pour son acquisition, et pour cette raison, il n'est ni répréhensible ni digne de louange. Répréhensible est l'amour qui se base sur les passions, spécialement la passion de l'amour-propre, qui est la source de toutes les autres passions, à savoir la sensualité, l'avarice, la vanité, etc. Cet amour est faux, égoïste, et il a une expiration date, car il ne dure que tant que les passions sont satisfaites. C'est à dire, quand la personne aimée, pour diverses raisons, cesse de satisfaire la passion ou les passions, alors au mieux, l'amour cesse. Il y a la possibilité, et il y a beaucoup d'exemples, que l'amour passionné se transforme en haine et en vindicte.

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Digne de louange est l'amour désintéressé, qui est un fruit de l'Esprit Saint, et est donné à ceux qui luttent avec la douleur et l'effort pour l'acquérir. Celui qui vit dans l'Eglise et lutte par la grâce de Dieu pour guérir ses passions et les dominer, acquiert l'amour désintéressé, qui selon Saint Maxime le Confesseur, est le "petit fils de la passion", et est donc vrai et sans expiration. Porteurs de l'amour inconditionnel, puisqu'ils aiment tous, même leurs ennemis, il est impossible de ne pas aimer leurs parents, ainsi que tous les membres de leur famille.

Nous devons être conscients, et garder à l'esprit, que la loi spirituelle est en vigueur, selon laquelle ce que l'on fait, tôt ou tard, se tiendra devant eux. Cela signifie que le comportement de nos enfants envers nous, sera proportionné à notre comportement envers nos parents, puisque après tout, les enfants imitent généralement l'exemple de leurs parents. Bien sûr, on ne peut ignorer les conditions de vie, les difficultés et les problèmes de l'homme contemporain, et surtout ceux qui vivent dans une grande ville, mais il existe néanmoins des solutions à tous les problèmes, à condition qu'il y ait volonté et disposition bienveillante.

Quiconque aime vraiment, trouvera toujours des moyens d'exprimer son amour, sa gentillesse et son humanité.
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Lun Fév 26 2018, 12:43

Merci Albanor pour ce texte qui vient compléter cet enseignement de carême.  sois loué

L-A

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Lily-Anne
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Lun Fév 26 2018, 12:48

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Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.


Livre du Lévitique, chapitre 19, verset 2

« Sainteté ! Que de saints sont ratés en ton nom ! »*, se désolait Madeleine Delbrêl, grande figure spirituelle du XXe siècle. C’est que cette sainteté peut être le lieu d’un grand malentendu. Pour beaucoup, l’objectif semble trop ambitieux, parce qu’il suppose qu’il faut pour cela réaliser d’inaccessibles miracles. Mais il peut aussi sembler un peu inquiétant : s’il s’agit d’être parfait, sans défaut, n’allons-nous pas finir comme des saints de vitrail qui n’existent qu’en deux dimensions, des visages impersonnels, des personnalités bien lisses et un peu transparentes ? 
C’est qu’on fait de la sainteté une forme de perfection, un idéal de pureté qui n’a plus grand-chose à voir avec la réalité de notre vie. Et qui n’a pas grand-chose à voir non plus avec la véritable sainteté. Car la sainteté chrétienne n’est rien d’autre que la vie avec Dieu, c’est-à-dire l’entrée de Dieu dans ma vie concrète, avec ses chagrins d’amour et ses allergies au poil de chat, ses espoirs de promotion et ses tartes aux pommes réussies, ses cris d’enfants et sa solitude. 
C’est la joie de la présence de Dieu que rien ne peut nous ravir. Partager la sainteté de Dieu, ce n’est rien d’autre que partager sa joie. Il n’y a pas de raison pour que cette joie m’empêche d’être moi-même : au contraire, si ma vie n’est pas ma vie mais une espèce de rêverie éthérée, elle ne peut plus exister. La ressemblance avec le Dieu crucifié ne se fait pas au prix de l’effacement de mes propres traits, car retrouver la ressemblance, à la suite des saints, c’est laisser le sourire de Dieu illuminer mon visage.

* Alcide 






Frère Adrien Candiard

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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Lun Fév 26 2018, 12:52

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.


Évangile selon saint Marc, chapitre 9, verset 8


Le monde est stone, pierre qui parfois broie la vie des enfants. Emmurée dans ce silence où j’avais trop crié, j’étais écrasée par ce poids de honte de n’avoir jamais pu, jamais su me défendre. M’étendre sur le sol et mourir, il ne restait que cela. Sans plainte, sans révolte. Simplement m’éteindre, reposer, enfin. J’avais treize ans.
« Tandis qu’en moi mon âme défaillait, je me suis souvenu du Seigneur. »* Mon regard, qui se lève du sol, se pose sur la crèche de Noël, et cette certitude alors : je n’ai pas le droit. Pas le droit de céder à la mort où tout menait, m’enserrant comme un filet. Dieu, là. Son regard dans le mien, présence qui échappe à tout mot, désarme la mort, repousse le néant. Je ne comprends pas, mais c’est assez pour reprendre le chemin.
Les années passent. Les murs du silence confinent la vie, à la fois protègent et emprisonnent. Et ces chaînes aux pieds, que mon regard ne veut, ne peut pas voir. « Mais tu veux au fond de moi la vérité. »** Tu le veux par amour pour moi, Seigneur. Cette vérité, c’est toi. Rencontre vivante, intime fulgurance dans le temps arrêté. « Il a fendu le rocher : les eaux ont ruisselé ! »*** Et soudain, la chair sait en cette faim de Dieu qui la prend au corps, ce qu’elle a toujours confusément cherché. Instant de grâce où tout est donné. 
Et une vie pour le déployer. Rouvrir la blessure, présenter à Dieu cette douleur nue, intacte, plaie béante qu’effleure son infinie tendresse. Et la grâce de la confiance donnée, le silence brisé, la honte enlevée d’être dite. Les murs tombent, pierres roulées, et la vie qui inonde, les larmes et la joie. S’engager avec Dieu sur les chemins du passé, du pardon libérateur, comme en Terre promise.
Et puis un jour, regarder en arrière en toute douleur et voir le Christ là, seul, à mes côtés. Expérience de transfiguration, bouleversante, qui saisit l’être tout entier, où l’on sait que seul, on ne l’a jamais été. Ma vie à sa lumière. Elle abolit les comment, les pourquoi. Présence qui seule fait sens. Dieu, mon rocher.


*Livre de Jonas ch.2, v. 8
** Psaume 50 v. 8
***Livre d'Isaïe ch. 48, v. 21








Audrey,
Fidèle de Retraite dans la Ville

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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Mar Fév 27 2018, 12:58

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Venez et discutons – dit le Seigneur.




Livre d'Isaïe chapitre 1, verset 18




Paris. Une porte vitrée pas tout à fait comme les autres dans cette rue aux commerces si divers, aux nombreux passants. Porte ouverte. Ici, rien à vendre, rien à acheter. Pourquoi entrer ? À l’intérieur, un espace paisible qui contraste avec le bruit de la ville ; un homme couché sur une banquette, un autre prostré au fond, une femme semble goûter la paix de ce lieu. Une église dans la rue des sex-shops. Pourquoi entrer ? Quelqu’un t’attend et dit : « Venez et discutons. » Oui, viens, faisons un brin de causette. Dépose ce fardeau trop lourd que tu traînes comme un boulet. Parle-moi de toi.
Un jour, Larshen passe la porte, son sac sur le dos. Ce sac, c’est toute sa maison. Il a une petite bible. Sans doute certains textes l’ont-ils marqué plus que d’autres. Maintenant, il veut aller plus loin dans la foi.Le curé me confie sa préparation au baptême. Drôle d’aventure ! Les premières séances sont houleuses. Mais peu à peu l’amitié se creuse. Au fil des semaines, je me laisse enseigner par Larshen. L’Évangile n’est pas affaire de théorie, mais de rencontre ; quand Jésus ouvre la porte, nul ne peut la refermer*.
Qu’il est important de trouver quelqu’un qui accueille sans a priori. De découvrir que je suis attendu, non pas jugé, mais aimé, sauvé. De pouvoir alors commencer un chemin de confiance. Tant d’histoires uniques, comme celle de Larshen, où l’on vérifie la parole de Jésus : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, la vie en surabondance. »**
Saurons-nous rester signe de celui qui dit : « je suis la porte » et qui nous invite à entrer ?


* Livre d'Isaïe ch.22, v.22 et Actes des apôtres ch. 3, v.7
**Évangile selon st Jean ch. 10, v10. 
Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris





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Soeur Hubert Dominique,
Communauté de la rue saint Denis à Paris

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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Ven Mar 02 2018, 11:35

Pose-moi comme un sceau sur ton cœur.


Cantique des cantiques chapitre 8, verset 6




Il m’a relevée, il m’a fait renaître. Le Vivant est descendu aux racines de mon être. Là où personne ne pouvait aller, en ce lieu profond il m’a rencontrée. J’avais perdu les clefs de ma vie, comment user de ma liberté ? J’étais née, j’avais grandi, marché sous le soleil, puis l’orage et la pluie. Nuit. Un silence sur ma vie. Sortir, questionner le monde, rassembler les âges et les années, interroger la science, les mages et les sorciers… « Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » « Je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. »* Être brûlée du désir de la vérité, et parfois mourir de ne pas trouver… J’ai soif et je crie : « Qui pourra abreuver celle que le monde entier ne saurait combler ? »

Silence… Puis là, derrière mon mur, une présence. Un prêtre prononce sur moi le nom inconnu de Jésus. Les cieux se déchirent, ma tête se relève, la grâce m’enivre, je me retrouve à terre. Mes larmes dans la poussière. Jésus me libérant de l’enfer. L’abîme de ma soif rencontre l’abîme de sa passion. Miséricorde dans ma chair.

Fille de la nuit et de ses adeptes, je deviens épouse du Christ et de ses préceptes. Pécheresse devenue princesse. Ma vie un soir dans les poubelles, le lendemain déposée sur l’autel, Jésus est passé. Il m’a relevée.

À 18 ans je reçois le baptême. Résurrection. Feu sur ma vie. Confirmation. Dieu vivant en moi. Vivre en lui. Toujours. Chanter pour mes frères. Ceux qui sont dans les épines, les fers, les rues, la glace. Solidaire du péché et de la grâce. Dans l’abîme comme dans la gloire, le louer, ne jamais perdre espoir. Dieu plus fort que la mort. Sa miséricorde régnera pour l’éternité !**


* Cantique des cantiques, ch. 3, v. 2-3
** chant : Saint est le Seigneur de Henri


Camille,
Fraternité de la résurrection de Lazarre Béthanie

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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Lun Mar 05 2018, 12:28

«Détruisez ce sanctuaire, en trois jours je le relèverai» Jésus parlait du temple de son corps.


Évangile selon saint Jean, chapitre 2, versets 19-21




En voyant une petite église en ruine dans la campagne près d’Assise, François se sentit appelé à la relever. Puis, allant bien plus loin, avec tous les compagnons, frères et sœurs qui se joignirent à lui, il voulut relever l’Église. Une vision nous le montre avec Dominique, en train de soutenir les murs croulants de l’Église de son temps.
Notre humanité en ruines : il n’y a pas d’autre mot quand nous voyons ce que souffrent tant de nos contemporains, tant d’enfants en particulier. Une humanité, sanctuaire de Dieu, en ruines. Notre humanité faite pour la fraternité. Notre humanité faite pour l’amour, mais qui adore l’idole du chacun-pour-soi, qui se vend à l’argent-roi. Le sanctuaire de Dieu est détruit.
Comment le relever ? Comme le Christ a relevé le sanctuaire de son corps. Son corps humain était un sanctuaire, parce qu’il était rempli d’amour, jusque dans la mort. Aussi, Dieu l’a relevé du tombeau, et c’est cela que nous fêterons bientôt à Pâques. De la même manière, il veut relever notre humanité tout entière comme sanctuaire de Dieu à partir de notre corps à chacun, de notre être intime, s’il se laisse habiter par l’amour. C’est en toi, en moi, que Dieu veut faire son sanctuaire par l’Esprit de sainteté, l’Inspiration de l’amour.
Nos églises sont des sanctuaires, la sainteté de Dieu y est réellement présente en ce que nous y partageons fraternellement une seule et même nourriture : le repas du Seigneur. Un vrai repas, où chacun a sa place, où chacun est nourri du corps du Christ ressuscité, relevé. Nous partageons un seul pain, son corps : c’est le partage qui est le lieu de l’amour. Pas d’autre moyen de relever le sanctuaire que nous sommes chacun : nous partager nous-mêmes fraternellement les uns aux autres. C’est bien ce que nous essayons de réapprendre durant le carême.
Telle est la force avec laquelle Dieu nous relève : la force de l’amour réel, vrai. Un amour qui partage sa sainteté. Pour que nous soyons saints comme lui est saint. Pour que peu à peu l’humanité devienne son sanctuaire – rien de moins !





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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Lun Mar 05 2018, 12:36

Il guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.


Psaume 146, verset 3





Quand on est sérieusement malade, il faut d’abord accepter d’aller voir un médecin. C’est son travail de trouver le traitement adapté. Il nous faudra peut-être beaucoup de temps pour retrouver nos forces, pour nous tenir debout, mais la condition c’est de se faire soigner. Telles sont toutes les maladies de cœur, physiques comme spirituelles. Or, le Christ est bon cardiologue. Il n’est pas venu pour les bien-portants, mais pour les malades et les pécheurs.
Malades : notre être peut souffrir de maladie grave, par exemple quand la vie nous a blessés de violences qui ont laissé en nous leurs traces. Ou tout simplement parce nous n’arrivons pas à maîtriser nos défauts naturels. Pécheurs aussi : quand, délibérément (c’est la différence entre faute et péché), nous choisissons de faire du mal à quelqu’un, ou, plus grave, quand nous refusons de faire le bien dont nous serions tout à fait capables, quand nous refusons de mettre en œuvre notre réel talent à aimer. Ce talent-là, Dieu l’a confié à chacune, à chacun, sans exception.
Mais que nous soyons malades ou pécheurs – tous nous le sommes à des degrés divers – c’est justement pour nous guérir que le Christ est venu.
Car aucun de nous n’a le cœur en bonne santé – en bonne sainteté. La santé du cœur humain, c’est la sainteté. Or, même les « saints » étaient et sont restés toute leur existence des pécheurs. Nous, c’est pareil. Il nous faut donc aller régulièrement chez notre cardiologue. Lui, le Christ, saura quel traitement nous donner. Un traitement permanent, pour que notre cœur batte au rythme de la sainteté.






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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Jeu Mar 08 2018, 12:07

Lorsque le démon fut sorti, 
le muet se mit à parler.

Évangile selon saint Luc, chapitre 11, verset 14

Il y a ceux qui ont droit à la parole, et tant d’autres qui n’ont qu’à suivre. Tant de « sans-voix » dans notre monde. Et nous-mêmes, tant de façons de dire : « Tais-toi ! » – plus ou moins poliment.

En Afrique, on a cette belle coutume de la « palabre ». Devant une décision à prendre, tous ceux qui sont concernés vont prendre la parole, et être écoutés silencieusement. Même si, à la fin, c’est un avis qui l’emporte sur les autres, la parole de chacun aura été prise en considération, personne ne sera resté sans voix.

Quand Jésus délivre le muet, il lui rend quelque chose qui est constitutif de son humanité. En même temps qu’il relève en lui la parole, il le relève dans sa dignité.

Dans notre société surmédiatisée, où ce sont toujours les mêmes qu’on nous fait écouter, qui relèvera la parole de ceux qui sont réduits au silence, surtout les plus petits ? Et attention, ceux qui ne savent ou ne peuvent pas s’exprimer avec des mots le feront souvent par l’agression. On ne le sait que trop dans les prisons…

Relever la parole chez l’autre, chacun de nous en est capable : il suffit de savoir écouter. Notre société a multiplié les « écoutants » : c’est un beau service. Mais ce ne doit pas être réservé à des professionnels. Tout un chacun peut apprendre à relever la parole chez les muets, chez les « sans-voix » de nos sociétés. Écouter, rendre ainsi à l’autre la parole perdue, c’est là une double façon de rendre présente la sainteté de Dieu. Car alors c’est en celui qui écoute autant qu’en celui qui retrouve la parole que Dieu relève son sanctuaire.



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Dernière édition par Lily-Anne le Lun Mar 12 2018, 13:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Lun Mar 12 2018, 13:32

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux.



Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 1


Tu me relèves, en vue de quoi ? En vue d’un ailleurs. Non un ailleurs mythique, que je me construirais, où je chercherais à fuir, mais un extérieur d’où se dégage une autre vue sur la situation, un regard neuf sur moi et sur le monde.
Au livre de la Genèse, le péché des origines — origine de tous les péchés et de tous les enfermements — avait été susurré par le serpent, le rusé. Il ne mentait pas complètement, il ne disait qu’un aspect de la réalité : il invitait à connaître le bien et le mal, à se prendre pour Dieu ! Vu comme ça, n’est-ce pas désirable, utile, savoureux ? Oui. Mais comment pouvons-nous connaître ce qui est bien, ce qui est mal, absolument, comme Dieu ?
Dans la Bible, le verbe hébreu connaître ne se limite pas à une opération intellectuelle. Il désigne une expérience profonde, intime, de quelque chose ou de quelqu’un ; il désigne même les relations sexuelles*. Or, l’homme n’a qu’un moyen de connaître en ce sens le bien et le mal : c’est bon ou c’est mauvais pour moi. Ce faisant, je me mets au centre du monde ! Or, je ne suis pas le centre du monde. Ce centre fictif, fascinant, devient ma prison.
Comment en sortir ? En décentrant le regard de mon nombril. Comme les Hébreux. Au désert, ils sont appelés à lever les yeux vers le serpent de bronze dressé sur son mât. Ce serpent dressé que je vais fixer, c’est le Christ. Lui va me sortir de mon trou, me relever, pour me donner de vivre enfin, au grand air, au vent du large. 

* « Adam connut Ève, sa femme ; elle devint enceinte. » Livre de la Genèse ch. 4, v. 1



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Frère Alain Riou,
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Mer Mar 14 2018, 12:12

J’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché.


Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 10


Pourquoi toute cette histoire de serpents, le rusé des origines et le signe dressé dans le désert ? Était-ce vraiment nécessaire ? Au départ, ça ne l’était pas. Il y avait comme un jardin. Non pas la nature sauvage, brute, mais une nature aménagée, organisée pour l’homme. L’humain pouvait s’y épanouir et la gérer avec sagesse, pour son plaisir et le bien de tous. Mais de gérant, il a tenté de se faire propriétaire, de l’accaparer à son profit. Tout était pour lui, mais non pour lui tout seul. Par cette clôture myope sur lui-même, il a brisé l’harmonie et la paix qui lui étaient confiées.
Du coup, il découvre sa vulnérabilité : si je peux utiliser les autres pour mon profit, les autres aussi peuvent mettre la main sur moi. Prenant conscience que je suis nu, je prends peur. Je cherche à cacher ma nudité, je me cache à moi-même et m’enferme dans cette cachette en m’y croyant à l’abri. Or, l’abri le plus sûr n’est pas derrière des murs ni sous une armure. Si fort soit-il, ce genre d’abri finit par se fendre, par s’écrouler, de par l’usure, la pression des éléments, ou l’intrusion des autres.
La seule sécurité, c’est d’apprendre à regarder ma peur en face, et ne plus être dominé par elle. Je peux alors sortir de mon trou et me tenir debout dehors. Non par ma propre force, mais grâce à quelqu’un d’autre qui m’attire et me soutient.
Par sa ruse, un serpent m’a lové, enroulé sur moi-même, sur ma peur et sa brûlure. Je vais me décentrer vers un autre. Celui qu’on a dressé sur un mât. Vers lui, je relève la tête. Il me redresse, et me donne l’énergie de le suivre.


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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Mer Mar 14 2018, 12:15

Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé.


Livre de Zacharie, chapitre 12, verset 10




Mais qui es-tu, serpent de bronze ? Qui es-tu qui m’attires et me soutiens ?
Il paraît que, du temps de Jésus, des rabbis juifs discutaient de savoir comment Moïse avait bien pu dresser un serpent sur un mât sans qu’il glisse. Un des rabbis propose une solution : pour retenir le serpent, Moïse a dû fixer une autre barre en travers, dessinant — vous l’avez compris — la forme d’une croix. Nicodème devait être au courant de cette discussion. Quand il entend Jésus se comparer au serpent, sur le moment il n’a pas dû comprendre. Mais devant la croix, lorsqu’il regarde le transpercé, les paroles de Jésus dans la nuit sont remontées à sa mémoire : « De même que le serpent fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »*
Alors, avec Nicodème, nous pouvons mieux saisir la portée de ce qui se passe sur la croix. Un homme, Jésus, est condamné à pendre, cloué nu, devant sa mère et ses disciples, mort honteuse réservée aux bandits et aux rebelles. Il aime jusqu’au bout, même au tréfonds de la dégradation physique et sociale la plus abjecte, totalement injuste. Là se révèle un Dieu qui aime tellement le monde qu’il donne son Fils unique quand il voit les hommes mordus par le mal. Comme dit Paul**, nous accepterions sans doute de donner notre vie pour des proches, peut-être pour des gens bien, mais le ferions-nous pour des salauds ? Pour nous, le Fils fait jaillir — et transmet — le souffle, le feu d’une vie nouvelle, inédite. N’est-ce pas cette vie que je veux ?

* Évangile selon saint Jean ch.3, v.14
** Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains ch. 5, v. 7



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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Mar Mar 20 2018, 11:06

Tu m’as sauvé parce que tu m’as voulu


Psaume 17, verset 20




Jésus, serpent cloué sur le mât de la croix, d’où t’es venue cette force d’aimer ? De continuer à aimer dans la pire des souffrances qui te fait crier « À quoi m’as-tu abandonné ? »* La mort nous effraie, la souffrance plus encore peut-être. Comment accepter ce non-sens qui nous révolte et nous fait douter de Dieu, tout du moins de son amour ? Ne pouvait-il pas faire quelque chose pour tirer son Fils de cette horreur ? Pour nous épargner les atrocités que nous vivons ? À quoi bon venir au monde pour en arriver là ? Si la vie est un don, trop souvent elle n’est pas un cadeau !
Le seul appui qui fait tenir Jésus devant sa mort, c’est se remettre entre les mains du Père. « Non ma volonté, mais ta volonté » : notre Père nous veut vivants. Car Jésus sait, et nous révèle, que le Père le veut, lui, et il nous veut, nous, avant même la fondation du monde**, avant même le péché. Pour que, comme le Fils bien-aimé, nous soyons ses enfants. Cette volonté est là, elle demeure à travers toutes les vicissitudes et les absurdités de nos existences ; elle ne change pas, elle ne fait que se creuser, toujours neuve, plus profonde et plus forte.
Cette volonté est l’assurance de cette vie qu’aucune restriction ne viendra éteindre. Jésus nous y ancre quand il dit que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants***. Dans son psaume de victoire, David le chantait déjà ; en français on a traduit : « Tu m’as sauvé parce que tu m’aimes. » Mais en latin, en grec et en hébreu, c’est tellement plus moderne : « tu m’as sauvé, parce que tu m’as voulu » !

* Évangile selon saint Marc ch. 15, v. 34 (traduction de l’auteur)
** Lettre de Saint Paul Apôtre aux Éphésiens ch. 1, v. 4
*** Évangile selon saint Marc  ch. 12, v. 27


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MessageSujet: Re: Carême dans la ville   Mar Mar 20 2018, 11:11

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Reposant la tête, il transmit l’Esprit


Évangile selon saint Jean, chapitre 19, verset 30


Jésus, serpent cloué sur la croix, tu me relèves, en vue de quoi, en vue de qui ? En vue de la vie, de cette vie qu’aucune restriction ne viendra plus éteindre, cette vie que Jean appelle éternelle. Cet éternel n’est pas l’extension à perte de vue, interminable, d’on ne sait quoi. En grec, le mot éternel vient du mot toujours, et ce toujours peut s’entendre comme « ce qui n’est pas soumis à des “si” ». C’est l’inconditionnel, l’inconditionné, ce que rien ne vient ni ne peut enclore. D’où la liberté. Mais comment peut-il être libre, le serpent cloué ? En ce que rien, ni la haine des hommes, ni la souffrance absurde, ni la mort, n’ont pu l’empêcher d’aimer.

À la mort de Jésus, dans l’Évangile de Jean, on traduit souvent : « Inclinant la tête, il rendit l’esprit. » Mais ce n’est pas que sa tête tombe quand les muscles du cou ne la tiennent plus, et qu’il « rend l’âme ». Mot à mot, Jésus repose la tête, c’est un verbe à l’actif. Dans tout le Nouveau Testament, reposer la tête ne se retrouve que dans le passage où Jésus dit « le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête »*. Sur la croix, Jésus entre dans son repos. Il ne rend pas l’âme, mais il transmet l’Esprit. C’est la première des Pentecôtes.

L’Esprit de liberté du Fils, Jésus le transmet à l’Église, présente là, debout, au pied de la croix, en Marie, Jean, Marie-Madeleine et les autres femmes, Nicodème, Joseph d’Arimathie, et à travers eux à nous tous. Et désormais, baptisés en cet Esprit, nous pouvons transmettre cette énergie comme un feu, comme un buisson qui brûle sans jamais tourner en cendres.

* Évangile selon st Matthieu ch. 8,v. 20 ; Évangile selon st Luc ch. 9,v. 58.
Tableau de Georges Rouault - Le Christ en croix



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