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 Qui est vraiment Saint Joseph ?

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LucJos
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Date d'inscription : 28/05/2013
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MessageSujet: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Dim Déc 17 2017, 12:58

QUI EST VRAIMENT SAINT JOSEPH ?

La réponse du Père Joseph-Marie Verlinde
Docteur en science et chercheur au CNRS en chimie nucléaire, père Joseph-Marie Verlinde fit des études de théologie
à l'Université Grégorienne à Rome, et obtint son doctorat de philosophie à Louvain. Il a assuré durant quinze ans les
cours d'épistémologie et de philosophie de la nature à la Faculté de Philosophie de Lyon, ainsi que les cours de théologie
fondamentale au séminaire interdiocésain d’Ars et au STIM (Studium Intermonastique de France). Il est actuellement
prieur de la Fraternité Monastique de la Famille de Saint Joseph et chapelain du Centre spirituel Saint-Joseph de Mont
Rouge (69380-Puimisson), qui héberge l’Institut de Recherche Théologique sur saint Joseph Redemptoris Custos.
Il est également curé des paroisses environnantes.

Joseph, «Fils de David», choisi par le Père éternel pour veiller sur ses plus grands trésors, est un modèle admirable et
nous sommes appelés à «aller vers lui» pour découvrir le secret de la disponibilité qui fait sa force et sa grandeur.


(1/9)

Selon les promesses de Dieu, le Messie devait naître de l’arbre de Jessé (Isaïe 11,1),
dans la lignée de David (2 Samuel 7,5-16). C’est par Joseph, lui-même «de la maison et de la descendance de David» (Luc 2,4),
que s’accomplissent toutes ces promesses. L’Ange l’appelle «Fils de David» (Matthieu 1,20) et Joseph le sera jusqu’à sa mort,
après laquelle c’est à Jésus lui-même que sera donné ce titre (Luc 18,38-39).

Le Messie devait naître selon la prophétie de Nathan dans la lignée de David.

Après avoir affirmé dès le premier verset de son Évangile que Jésus est «fils de David», Matthieu justifie son propos en déclinant la longue lignée de la Maison de David jusqu’à Joseph. Cet unique renseignement que nous ayons sur la famille de Joseph justifie pleinement le choix divin. Rien ne nous est dit sur l’apparence de Joseph ni sur son âge au moment de contracter mariage avec Marie; mais la tradition - juive et chrétienne - nous permet de faire parler quelque peu le silence des Évangiles.

Joseph est nommé «Fils de David» (Matthieu 1,20) en référence aux promesses de Dieu.

Il est frappant que l’Ange s’adresse à Joseph en précisant d’emblée : «fils de David» (Matthieu 1,20), comme pour suggérer dès ses premiers mots le contexte de sa visite. La tradition juive croyait en effet que le Messie serait issu de la lignée du Roi David; elle s’appuie sur la promesse faite par Dieu lui-même à David par l’intermédiaire du prophète Nathan, que nous trouvons au deuxième livre de Samuel : «Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père; et lui sera pour moi un fils. S’il fait le mal, je le corrigerai avec le bâton, à la manière humaine, je le frapperai comme font les hommes. Mais ma fidélité ne lui sera pas retirée, comme je l’ai retirée à Saül que j’ai écarté de devant toi. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours» (2 Samuel 7, 12-16). Le Premier livre des Chroniques reprendra cette prophétie (1 Chroniques 17, 1-15) ainsi que le prophète Amos (Amos 9,11).

Joseph était «de la maison et de la descendance de David» (Luc 2,4).

Le premier verset de l’Évangile s’ouvre par l’annonce de la «Table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham». On comprend qu’il ait été important pour Matthieu de décliner toute la généalogie de Joseph, remontant à David et même à Abraham, pour justifier ce verset aux consonances messianiques : «Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ» (1,16). Marie est peut-être aussi, selon la tradition classique, de la descendance de David par son père et de celle d’Aaron par sa mère, mais si l’Évangile insiste seulement sur Joseph, en disant qu’il était de Bethléem et pas seulement de la descendance de David, mais «de la maison et de la descendance de David» (Luc 2,4), c’est selon une hypothèse intéressante – qui reste encore à valider – pour dire qu’il était dans le groupe des princes héritiers légitimes du trône de David et cette hypothèse renforcerait l’importance du titre par lequel l’Ange s’adresse à Joseph dans le récit de Matthieu : «Fils de David» (Matthieu 1,20). Ces considérations rejoignent ce que des spécialistes ont développé au cours du colloque «Archéologie, histoire et héritage culturel de Nazareth» en 2010 à Nazareth à propos de l’étymologie du nom de «Nazareth», autour des racines hébraïques NSR, qui peuvent signifier «consécration», mais aussi «couronne», et qui aurait pu être à côté de Megiddo le lieu de résidence d’été des héritiers de David dans le Royaume du Nord.

Après la mort de Joseph, Jésus apparaît à son tour comme «Fils de David».

Jésus a, semble-t-il, attendu la mort de Joseph pour commencer sa mission publique. Quand il sort de Nazareth et c’est lui dorénavant qui sera appelé par ce nom de «Fils de David» : «Jésus, Fils de David, aie pitié de moi !» (Luc 18,38-39) et c’est avec ce titre qu’il va se révéler au monde comme «le roi des Juifs» (Luc 23,3; 37-39; Jean 18,33).

A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Lun Déc 18 2017, 07:31

(2/9)

Les Écritures constituent notre seule source d’information directe concernant saint Joseph et elles nous invitent
à l’écoute de son silence. Joseph peut être regardé comme le Chérubin qui veille sur l’Arche de la Nouvelle Alliance
et sa contemplation du mystère de Dieu le conduit naturellement au silence de l’émerveillement.


Les Écritures constituent notre seule source d’information directe concernant saint Joseph.

Or les Évangiles sont particulièrement discrets à propos de Joseph : seuls Matthieu et Luc le citent directement ; l’évangéliste Marc est totalement muet à son sujet, et saint Jean ne le cite que deux fois, indirectement : «Jésus, fils de Joseph» (Jean 1,45; 6,42). Son nom est pour toujours indissociablement uni à ceux de Marie et de Jésus dans une commune mission : rendre possible par leurs «fiat» respectifs, le salut du genre humain : «Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus» (Matthieu 1, 6).

Nous sommes invités à l’écoute de son silence.

Les récits inspirés ne nous précisent ni le lieu, ni la date de sa naissance; il n’a laissé aucun écrit et l’Évangile ne cite de lui aucune parole. Puisque Joseph ne dit rien - ou plutôt : puisque les Évangiles ne nous rapportent de lui aucune parole -, c’est donc à l’écoute de son silence que nous sommes invités. Mais un silence éloquent, à l’image peut-être du silence du Père, qui ne parle que par le don de son Fils, par la bouche de son Fils, par l’offrande de son Fils.

«Le silence de Joseph a une portée particulière, insiste Jean-Paul II, : grâce à lui, on peut saisir pleinement la vérité contenue dans le jugement que l’Evangile émet sur Joseph : le "juste" (Matthieu 1, 19). Il faut savoir lire cette vérité, car en elle est contenu l’un des témoignages les plus importants sur l'homme et sur sa vocation.» (Exhortation apostolique sur la figure et la mission de saint Joseph dans la vie du Christ et de l’Église : Redemptoris Custos, 17 - 15 août 1989)

Joseph peut être vu comme le Chérubin qui veille sur l’Arche de la Nouvelle Alliance.

Bien plus que Moïse ou Elie, saint Joseph a vécu en présence de Dieu : on peut même dire qu’aucun homme n’a été si profondément en contact avec le Dieu fait homme et avec Celle dont il a pris chair. Dans l’Ancien Testament, Dieu a voulu fixer la lieu de sa présence au milieu de son peuple dans l’Arche de l’Alliance, figure de la Vierge Marie, que protègent deux Chérubins, qui pourraient être regardés d’une certaine manière, comme l’image de Saint Joseph et peut-être de saint Jean : les deux grands saints qui ont été appelés à veiller attentivement sur la première et sur la dernière partie de la vie de la Vierge Sainte choisie par l’Eternel pour y faire sa demeure.

La contemplation de Joseph l’a conduit naturellement au silence de l’émerveillement.

Dans l’ordre de la hiérarchie céleste, viennent les Anges, les Archanges, les Principautés, puis les Puissances, Vertus et Dominations, puis les Trônes, Chérubins et Séraphins. Si les Anges et Archanges sont très engagés dans l’action au service de Dieu, comme le sont tous les missionnaires et apôtres dans l’Église, les Chérubins appartiennent à la première hiérarchie des neuf Chœurs des Anges, qui, étant entièrement tournés vers Dieu, sont si unis à Lui et tellement plongés dans la contemplation de son mystère qu’ils en restent presque silencieux, comme les religieux et les contemplatifs. Le silence de Joseph et celui de saint Jean, qui tarda tant à publier son Évangile, disent sans doute quelque chose de ce primat de la contemplation et de l’union à Dieu, qui doivent être regardés comme fondamentaux, quelle que soit la vocation chrétienne. Dieu nous préfère à nos œuvres, quelles qu’elles soient, et parce que Marie a choisi «la meilleure part» (Luc 10,42) comme saint Joseph. «Que celui qui n’a pas de maître dans l’oraison prenne ce glorieux saint pour guide, il ne risquera pas de s’égarer», nous dit sainte Thérèse d’Avila (Vie, ch.6). Les Chérubins sont aussi ceux qui gardent la porte du Paradis (Genèse 3,24) et le chemin de l’arbre de vie.

L’Église, qui a vocation à guider notre route, nous dévoile de plus en plus clairement Joseph
dans les temps qui sont les nôtres, depuis Pie IX qui l’a proclamé patron de l’Église universelle en 1870.


A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Mer Déc 20 2017, 10:09


(3/9)

C’est saint Matthieu qui donne à saint Joseph la plus grande place dans son récit.
Contrairement à une iconographie symbolique répandue Joseph n’était sans doute pas vieux quand il épousa Marie.
C’était probablement un jeune homme dans la force de l’âge, qui formait avec Marie un couple d’apparence
normale, pour cacher, garder et protéger le secret de Dieu de tout mal et de toute curiosité.

C’est saint Matthieu qui donne à saint Joseph la plus grande place dans son récit.

Il est probable que pour écrire son Évangile, il a eu recours au «livret de famille» de saint Joseph, comme saint Luc à celui de la Vierge Marie, chacun des évangélistes nous présentant les événements retenus de telle manière que nous puissions en dégager la signification pour notre salut.

Contrairement à une iconographie symbolique répandue, Joseph n’était sans doute pas vieux quand il épousa Marie.

Au moment de devenir «époux de Marie», Joseph est probablement un jeune homme dans la force de l’âge, comptant vraisemblablement une bonne vingtaine d’années : le Talmud, qui explicite la Tradition juive, recommande en effet de se marier de bonne heure. L’âge de 18 ans est préconisé, à condition que le futur époux et père soit capable de pourvoir aux besoins matériels d’une famille (*) : «Un homme doit en premier lieu bâtir sa maison, ensuite planter une vigne, ensuite se marier». Le grand âge de Joseph, dans une certaine iconographie ou le Protévangile de Jacques (9,2), est un langage symbolique qui veut signifier l’absence de relations charnelles entre les époux, mais n’a nullement l’intention de suggérer que le saint Joseph de l’histoire était un vieillard au moment d’épouser Marie. (*) Maria Valtorta, qui a vu Joseph dans ses visions, estime que Joseph devait avoir environ trente ans lorsqu'il a épousé Marie au temple.

Joseph était probablement un jeune homme dans la force de l’âge, qui devait former avec Marie un couple d’apparence normale.

Ce souci de souligner la filiation divine du Christ et la conception virginale de Marie se retrouve dans les apocryphes qui ont contribué à nourrir le culte de saint Joseph mais qui l’ont parfois aiguillé sur des pistes peu fécondes : le Protévangile de Jacques, le Pseudo Matthieu, le Livre de la Nativité de Marie, l’Histoire de Joseph présentent ainsi saint Joseph sous les traits d’un vieillard veuf ayant eu plusieurs fils et filles. Mais outre le fait que le Talmud condamne sévèrement l’excessive différence d’âge entre les époux, un tel mariage ne remplirait pas son rôle providentiel, à savoir de préserver aux yeux des hommes l’honneur et la dignité de Marie. Dans les catacombes, Joseph est d’ailleurs représenté comme un homme jeune en pleine vigueur, et jamais sous les traits d’un vieillard. Et quand il apparaît comme à Cotignac en 1660 à Gaspard Ricard, il se présente aussi selon les termes du récit sous la forme d’un homme robuste et «d’imposante stature».

Joseph en silence cachera, gardera et protègera le secret de Dieu de tout mal et de toute curiosité.

Dans la seconde homélie Missus est sur les gloires de la Vierge Marie, saint Bernard ajoute un argument moins scripturaire mais très intéressant :

«Il était nécessaire que Marie fut fiancée à Joseph, puisque c’était le moyen de soustraire aux chiens un saint mystère, de faire constater par son propre époux la virginité de Marie, et de ménager en même temps la pudeur et la réputation de la Vierge. Par ce moyen, les secrets desseins de Dieu ont un témoin, se trouvent soustraits à la reconnaissance de l’ennemi, et l’honneur de la Vierge Mère est conservé sans tache» (n° 13). Les «chiens» ne sont autres que les démons; «l’ennemi» identifie Satan, qu’il convenait de garder éloigné du mystère. Connaissant la prophétie d’Isaïe : «Voici que la jeune fille concevra, et elle enfantera un fils» (Isaïe 7, 14), il aurait soupçonné la Vierge Marie, enceinte sans être engagée dans le mariage, d’être celle que désignait le prophète. Mais le démon ne se méfierait pas de ce jeune couple accueillant un enfant : quoi de plus ordinaire ? Ainsi, sans le saint mariage de Marie et de Joseph, «les démons n’auraient point ignoré ce qu’ils auraient eu un moyen de connaître. Or il fallait que le Prince de ce monde ne fût point instruit, pendant quelque temps du moins, du secret des desseins de Dieu. Ce n’est pas que Dieu ait appréhendé, s’il agissait ouvertement, d’être entravé dans son entreprise par le démon, mais c’est que, faisant tout ce qu’il veut, non seulement avec puissance, mais encore avec sagesse, il voulut, dans l’œuvre merveilleuse de notre rédemption, faire éclater sa prudence non moins que sa puissance, de même que, en toutes ses œuvres, il se plaît à observer certaines convenances des choses et de temps dans l’intérêt de la beauté de l’ordre même» (Ibid.).

A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Sam Déc 23 2017, 10:14



(4/9)

Jésus, connu comme «fils de Joseph» (Luc 4,22) est «le plus beau des enfants des hommes» (Psaume 44,3) et la
Tradition nomme Marie «la plus belle des femmes» (Cantique 1,8) : on peut imaginer aussi que quelque chose de la beauté de David
(1 Samuel 16,12) a pu passer à ses descendants. C’est ainsi que des saints ont médité sur la beauté de Joseph, sa pureté,
son amour, sa sagesse et sa prudence, sa miséricorde et sa compassion, l’imaginant comme un homme au regard clair,
et comme une figure évidemment pleine de noblesse, comblée par une vie simple, pauvre et cachée avec Jésus et Marie.

Quelque chose de la beauté de David (1 Samuel 16,12) a pu passer à ses descendants, et aussi à Marie, que la Tradition nomme «la plus belle des femmes» (Cantique 1,8).

Pour imaginer reconstituer le personnage de Joseph, le père Denis Buzy (1883-1965) - qui fut supérieur général des Prêtres du Sacré-Cœur de Bétharam - se laisse conduire par un raisonnement partant des Écritures : «David était beau (1 Samuel 16,12), beau de visage, beau de cheveux, qu’il avait blonds; beau de taille, qu’il avait avantageuse, même en ce printemps de sa jeunesse; beau de force, car il se mesurait avec le lion ou l’ours du désert. La beauté de David a passé à tous ses descendants; l’Écriture le signale, même quand ses fils ont fait de cette dangereuse beauté un usage criminel. (...) Nous pouvons dès lors supposer que cette beauté initiale, raffinée par des siècles de royauté et de malheurs, se conserva et se perpétua en l’époux de “la plus belle des femmes“ (Cantique 1, 8)».

Jésus appelé «fils de Joseph» (Luc 4,22) est aussi «le plus beau des enfants des hommes» (Psaume 44,3).

«Il devait en être ainsi puisque la tige de Jessé allait, après un millénaire de préparation et d’élaboration, s’épanouir en une fleur merveilleuse, et que la Vierge Marie devait donner le jour à Jésus, le plus beau des enfants des hommes (Psaume 44, 3). Fils de David, choisi par Dieu pour devenir le père nourricier du plus beau des enfants, qui pourrait douter que Joseph n’eût reçu cet héritage de sa race ? Il devait être beau de jeunesse, beau de visage, beau de taille, beau de force, beau de candeur. Il était beau. Et la vertu ajoutait son charme à cette beauté» (D. Buzy, Saint Joseph, éd. de l’École, Paris, 1953, p. 14-15.).

«Ses beautés, sa pureté, son amour, sa sagesse et sa prudence, sa miséricorde et sa compassion».

Les grandeurs de Saint Joseph de Jean-Jacques Olier (1608-1657), fondateur de la communauté et du séminaire de Saint-Sulpice, comptent sans doute parmi les plus belles pages sur l’époux de Marie. Pour M. Olier, saint Joseph devait rendre perceptibles pour l’Enfant divin, les perfections adorables de Dieu son Père : «Ses beautés, sa pureté, son amour, sa sagesse et sa prudence, sa miséricorde et sa compassion». Pour pouvoir être ainsi «l’image universelle de Dieu le Père en terre», saint Joseph a dû recevoir de Dieu une ressemblance de sa nature invisible et cachée : «Dieu le Père forme exprès de ses mains pour se figurer soi-même à son Fils unique, et lui mettre sans cesse devant les yeux son vrai portrait et son image comme une compensation dans le temps de son absence et une sorte de soulagement durant les années de son pèlerinage» (Les grandeurs de Saint Joseph I 1, 1). Pour Jean-Jacques Olier, de tels privilèges mettent saint Joseph hors d’état d’être compris par les esprits des hommes. C’est donc par la foi que nous sommes invités à vénérer en saint Joseph ce que nous ne saurions comprendre.

«Un homme au regard clair» (Jean Guitton).

Dans son ouvrage La Vierge Marie, Jean Guitton (1901-1999) s’imagine «un Joseph jeune et fort, sylvestre, vivace comme ce berger libanais qui est décrit dans le Cantique. Plusieurs jeunes héros que la vie m’a permis de connaître aux champs et dans les armées, m’ont proposé ce genre d’homme au clair regard : paysans, soldats, aviateurs; le mâle et le pur, associés dans un même éclat».

Une figure évidemment pleine de noblesse.

Dans une lettre qu’il écrit le 24 mars 1911 depuis Prague à son ami Sylvain Pitt, Paul Claudel (1868-1955) se risque à quelques confidences sur la manière dont il se représente saint Joseph : «C’était à la fois un ouvrier et un gentilhomme. Il était souriant et silencieux, avec un grand nez noble, des bras musculeux et des mains dont un doigt était souvent enveloppé d’un linge comme il arrive à ceux qui travaillent le bois. Je le vois dans sa boutique un matin de soleil, j’entends la scie et le bruit sonore des morceaux de bois, j’entends un enfant qui vient le chercher et qui crie : "Joseph ! Joseph !" Sa boutique devait être chérie des enfants comme le sont toujours celles des menuisiers».

Joseph est le patron de la vie cachée.

«Puis je le vois qui revient de Jérusalem à l’étonnement de tout le monde, avec sa fiancée si jeune et si douce. Je les vois quand ils arrivent et la voisine complaisante qui avait préparé le ménage. Que de commentaires sur tout cela le soir à la fontaine ! Joseph est le patron de la vie cachée, l’Écriture ne rapporte pas de lui un seul mot. C’est le silence qui est père du Verbe. Que de contrastes chez lui ! Il est le patron des célibataires et celui des pères de famille, celui des laïcs et celui des contemplatifs ! Celui des prêtres et celui des hommes d’affaires. Car Joseph était charpentier. Il était obligé de discuter avec les clients et de signer de petits contrats, de poursuivre les débiteurs récalcitrants, de plaider, de compromettre, d’acheter ses fournitures au meilleur compte en réfléchissant sur les occasions, etc.» (P. Claudel, Positions et propositions, II, Gallimard, Paris, 1934, p. 147-148.)

A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Dim Déc 24 2017, 06:01


(5/9)

Jésus vrai Dieu et vrai homme, devait avoir une vraie famille,
car l’Incarnation respecte pleinement les lois de la croissance humaine. Joseph, choisi par le Père éternel pour être le fidèle nourricier
et le gardien de ses plus grands trésors, a naturellement été comblé par Dieu de toutes les grâces nécessaires à sa mission unique.

Jésus vrai Dieu et vrai homme, devait avoir une vraie famille.

Pour pouvoir s’épanouir humainement, le Fils de Dieu incarné a dû bénéficier, comme tout homme, du ministère de maternité et de paternité. Il faut rappeler ici la doctrine des deux consciences de Jésus. Lorsque le Verbe se fait chair, il ne perd en rien sa conscience divine en tant que Fils de Dieu. Mais il prend également conscience humaine de soi, en animant le corps qu’il reçoit de la Vierge Marie.

L’Incarnation respecte pleinement les lois de la croissance humaine.

Cette prise de conscience se fait progressivement selon les lois de la psychologie que l’Incarnation a pleinement respectées. C’est pourquoi l’Enfant avait besoin non seulement d’une mère, mais aussi d’un père, pour «grandir en taille, en grâce et en sagesse sous le regard de Dieu et des hommes» (Luc 2,52). Les avancées de la psychologie ont permis de reconnaître le rôle primordial du père dans l’élaboration de la structure psychique de l’enfant : il représente pour celui-ci l’altérité et plus largement : l’ouverture au monde. C’est en réponse à la parole du père, qui l’invite à risquer une parole qui lui soit propre, que l’enfant peut exercer sa liberté et accéder à son identité.

Dieu a logiquement comblé Joseph de toutes les grâces nécessaires à sa mission unique.

Celui à qui Dieu a confié «ses deux trésors les plus précieux», Jésus et Marie, a forcément reçu dès l’aube de sa vie, toutes les grâces qui lui seraient nécessaires pour assurer son ministère d’époux de la Vierge et de père du Fils de Dieu. Certains saints - et pas des moindres puisqu’il faut compter parmi eux saint François de Sales, docteur de l’Église, et saint Padre Pio – sont allé jusqu’à considérer que, pour être le digne époux de la Vierge Immaculée, saint Joseph a dû jouir de la même grâce, et être préservé lui aussi de tout péché dès sa conception. L’Église ne s’est cependant jamais prononcée sur ce point; la Bulle Ineffabilis Deus du 8 décembre 1854, par laquelle le Pape Pie IX définissait le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, semble même l’exclure implicitement puisqu’elle parle du «privilège unique» accordé à la Vierge Marie en vue de sa maternité divine.

Il fut choisi par le Père éternel pour être le fidèle nourricier et le gardien de ses plus grands trésors.

Il est certain que saint Joseph a reçu toutes les grâces qui lui furent nécessaires pour accomplir sa mission unique aux côtés de la Vierge Marie. Saint Bernardin de Sienne (1380-1444) développe à ce propos un raisonnement exemplaire :

«C’est une règle universelle, pour toutes les grâces accordées à quelque créature raisonnable, que,
lorsque la bonté divine choisit quelqu’un pour l’honorer d’une grâce singulière ou l’élever à un état sublime, toujours elle accorde
à cet élu tous les dons qui sont nécessaires à sa personne et à l’accomplissement de sa mission, et elle l’orne libéralement de ces dons.
Ce principe s’est surtout vérifié en saint Joseph, père putatif de Notre Seigneur Jésus-Christ et véritable époux de la Reine du monde.
Choisi par le Père éternel pour être le fidèle nourricier et le gardien de ses plus grands trésors, c'est-à-dire de son Fils et de son épouse,
il s’est acquitté très fidèlement de son office. Aussi le Seigneur lui a-t-il dit : 'Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Seigneur'»

(saint Bernardin de Sienne, Sermones eximii, Sermo I de Sancto Joseph, t. IV, 250-255.)


L’Homme nouveau devait naître au sein d’une famille pour accomplir le dessein de Dieu.

Il a plu à Dieu de tout restaurer en Christ (Colossiens 1, 16-21).

Jésus ressuscité est le premier-né de l’humanité nouvelle, recréée à l’image et à la ressemblance de Dieu.
À l’aube de la nouvelle création, il convenait de trouver un nouveau couple, restauré dans la grâce en vertu de l’œuvre de Rédemption
de Celui qu’il devait accueillir : Jésus-Christ notre Sauveur. À l’aube des temps nouveaux apparaît non pas une Vierge solitaire, mais un
couple, dont va naître le Sauveur. L’Enfant est né dans le sein de la Vierge Marie, «accordée en mariage à Joseph» (Luc 1, 27) : l
a précision est importante. L’Homme nouveau devait naître au sein d’une famille qui réalise pleinement le dessein de Dieu sur l’homme
et la femme, révélé au livre de la Genèse : «Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme»
(Genèse 1, 27).


A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Lun Déc 25 2017, 10:44



(6/9)

Les épreuves n’ont pas été épargnées à Joseph : celle de la «nuit spirituelle»
qu’il vécut lors des événements de l’Incarnation bien sûr, mais aussi l’épreuve de la pauvreté à Noël, du danger devant Hérode,
de l’émigration en Égypte, et tous les soucis d’une vie simple et pauvre ensuite à Nazareth. Face à tout cela, l’Écriture témoigne
qu’il était «un homme juste» (Matthieu 1,19), rempli de foi, qui répondit sans délai aux appels de Dieu
(Matthieu 1,24 ; 2,14 ; 2,21).

La nuit spirituelle de Joseph «secoué par une tempête de pensées contradictoires» (Hymne acathiste).

«L’évangéliste Matthieu présente les faits qui ont précédé la naissance de Jésus du point de vue de saint Joseph, fiancé à la Vierge Marie. Ils vivaient à Nazareth mais ils n’habitaient pas encore ensemble, parce que le mariage n’était pas encore accompli. Entretemps, Marie, après avoir accueilli l’annonce de l’Ange, tomba enceinte par l’action de l’Esprit Saint et lorsque Joseph se rend compte de cela, il est totalement déconcerté. L’Évangile n’explique pas quelles ont été ses pensées, mais il nous dit l’essentiel : il cherche à faire la volonté de Dieu et il est prêt au renoncement le plus radical. Au lieu de se défendre et de faire valoir ses droits, Joseph choisit la solution qui pour lui représente un énorme sacrifice. Et l’Évangile dit : «Parce que c’était un homme juste, il ne voulait pas la dénoncer publiquement; il décida de la répudier en secret» (Matthieu 1,19). Cette courte phrase résume un drame intérieur véritable, si nous pensons à l’amour de Joseph pour Marie ! Mais même dans cette circonstance, Joseph veut faire la volonté de Dieu et décide, certainement avec une grande douleur, de répudier Marie en secret» (Pape François, Angelus du 22 décembre 2013)

Une épreuve comparable à l’épreuve d’Abraham.

«Il faut méditer sur ces paroles, pour comprendre quelle a été l’épreuve à laquelle Joseph a dû faire face les jours qui ont précédé la naissance de Jésus. Une épreuve semblable à celle du sacrifice d’Abraham, lorsque Dieu lui a demandé son fils Isaac (cf. Genèse 22) : renoncer à la chose la plus précieuse, à la personne la plus aimée. Mais, comme dans le cas d’Abraham, le Seigneur intervient : il a trouvé la foi qu’il cherchait et il ouvre une voie différente, une voie d’amour et de bonheur : «Joseph – lui dit-il – ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint» (Matthieu 1,20). Cet Évangile nous montre toute la grandeur d’âme de saint Joseph. Il était en train de suivre un bon projet de vie, mais Dieu lui réservait un autre dessein, une mission plus grande. Joseph était un homme qui écoutait toujours la voix de Dieu, profondément sensible à sa volonté secrète, un homme attentif aux messages qui lui parvenaient du plus profond de son cœur et d’en-haut. Il ne s’est pas obstiné à suivre son projet de vie, il n’a pas laissé la rancœur empoisonner son esprit, mais il s’est mis à la disposition de la nouveauté qui lui était présentée d’une façon déconcertante. Et c'est ainsi que Joseph est devenu encore plus libre et encore plus grand. En s’acceptant selon le dessein du Seigneur, Joseph se trouve pleinement lui-même, au-delà de lui-même. Sa liberté de renoncer à ce qui est sien, à la possession de sa propre existence, et sa pleine disponibilité intérieure à la volonté de Dieu, nous interpellent et nous montrent le chemin. Marie est la femme pleine de grâce qui a eu le courage d’avoir totalement confiance dans la Parole de Dieu; Joseph, l’homme fidèle et juste qui a préféré croire au Seigneur plutôt que d’écouter les voix du doute et de l’orgueil humain» (ibid).

Joseph a aussi connu bien d’autres épreuves au service du Seigneur.

Homme de prière et de foi, il a fait face aux inattendus de sa mission en répondant sans délai aux appels de Dieu, quand il fallu marcher avec Marie enceinte vers Bethléem, dans la pauvreté de l’étable où elle devra accoucher, dans la fuite en Égypte pour échapper à Hérode, dans une vie de réfugié en une terre étrangère, puis dans un labeur quotidien à Nazareth, ou dans la surprise du recouvrement de Jésus au Temple après trois jours passés à le chercher, comme en une anticipation de l’attente de la Résurrection. Car quand la Vierge Marie «saisie d’émotion» s’écrie : «Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi, nous te cherchions angoissés» (Luc 2,48), elle exprime évidemment la douleur profonde et la peur qu’elle a partagées avec saint Joseph. Mais selon l’affirmation de l’Écriture et la foi de l’Église, Joseph est toujours resté au milieu de ces épreuves diverses, «un homme juste » qui a pleinement su répondre à la mission immense et si décisive que le Ciel lui avait confiée.

A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Mar Déc 26 2017, 05:33


(7/9)

Selon la Tradition, Jésus est le «Nouvel Adam», et Marie «la Nouvelle Ève», mais la sainteté du couple formé par
Joseph et Marie répare aussi d’une certaine manière le mal qui est né du couple d’Adam et Ève.

La Sainte Famille a été proclamée comme «le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes» (Jean-Paul II) et en elle,
Jésus a «grandi en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et les hommes» (Luc 2, 52).

La sainteté du couple formé par Joseph et Marie répare aussi le mal né du couple d’Adam et Ève.

Ensemble, dans leur communion d’amour, que Marie et Joseph reflètent cette parfaite image de Dieu qui attire le Verbe éternel et le conduit à « se faire chair et à planter sa tente parmi nous » (Jean 1, 14). Le pape Paul VI se plaisait à associer étroitement Marie et Joseph dans leur ministère respectif au service du Mystère de l’Incarnation : « Voici qu’au seuil du Nouveau Testament comme à l’entrée de l’Ancien se dresse un couple. Mais, tandis que celui d’Adam et Ève fut la source du mal qui a déferlé sur le monde, celui de Joseph et de Marie est le sommet d’où la sainteté se répand sur toute la terre. Le Sauveur a commencé l’œuvre du salut par cette union virginale et sainte où se manifeste sa toute-puissante volonté de purifier et sanctifier la famille, ce sanctuaire de l’amour et ce berceau de vie » (Paul VI, Allocution aux Équipes Notre-Dame,4 mai 1970, 7 ; AAS 62 [1970], p. 431)

«La Sainte Famille est le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes» (Jean-Paul II).

Le pape Jean-Paul II prolonge cette doctrine lorsqu’il donne la Sainte Famille en modèle à toutes les familles chrétiennes : «Puisque, en définitive, l’essence de la famille et ses devoirs sont définis par l’amour, c’est dans la Sainte Famille, cette "Église domestique" (cf. Lumen Gentium 11), que toutes les familles chrétiennes doivent trouver leur reflet. En elle, en effet, "par un mystérieux dessein de Dieu, le Fils de Dieu a vécu caché durant de longues années. Elle est donc le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes"» (cf. Familiaris consortio (22 novembre 1981), 8 et Redemptoris Custos 7).

En elle, Jésus a «grandi en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et les hommes» (Luc 2, 52).

C’est au sein d’une famille que le Fils de Dieu a voulu s’incarner, pour jouir de la tendresse et de l’assistance d’une vraie mère et d’un vrai père, tous deux indispensables pour que l’Enfant puisse « grandir en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes » (Luc 2, 52).

Joseph, ombre du Père, reçut de Lui le soin de veiller sur le Fils incarné.

Restant plus proche du récit évangélique, saint Jean Chrysostome (344-398) paraphrase le dialogue du Messager divin et de Joseph :

Retiens, lui dit l’Ange, cette épouse que tu voulais renvoyer, car Dieu même te la donne, et non ses parents.
Il te la donne non pour l’union charnelle, mais seulement pour demeurer avec toi; il l’unit avec toi par moi qui te parle. Non seulement elle
est pure de tout commerce illicite, mais sa fécondité est au-dessus des lois de la nature. N’éprouve donc aucune tristesse de la conception
si heureuse de ton épouse, mais livre-toi à une grande allégresse, car "ce qui a été engendré en elle est de l’Esprit Saint. Elle enfantera un
fils à qui tu donneras le nom de Jésus".

Car bien que cet enfant soit conçu du Saint Esprit, ne crois pas néanmoins que tu sois dispensé d’en prendre soin, et de le servir en toutes
choses. Bien que tu sois étranger à sa naissance, et que Marie soit toujours demeurée parfaitement vierge, je te donne néanmoins à l’égard
de cet enfant la qualité de père en tout ce qui ne blessera point celle de la Vierge, et je te laisse le pouvoir de le nommer. C’est toi qui lui
donneras son nom; bien qu’il ne soit pas ton fils, tu ne laisseras pas d’avoir pour lui l’affection et le soin d’un père. C’est pour cette raison
que je te permets de le nommer toi-même, afin de t’unir très étroitement avec cet enfant»


(PG LVII, Hom. IV, 41 sq, cité par Mgr Villepelet, Les plus beaux textes sur Saint Joseph, éd. du Vieux Colombier, Paris, 1959, p. 27).


A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Mar Déc 26 2017, 11:47


(8/9)

Comme Jean-Baptiste, Joseph s’efface finalement pour que Jésus soit pleinement révélé.
Après Marie, il est incontestablement le plus grand saint de la chrétienté et c’est très justement qu’il a été proclamé
Patron de l’Église universelle.

Comme Jean-Baptiste, Joseph s’efface pour que Jésus soit pleinement révélé.

Les Évangiles ne nous disent rien des derniers instants de saint Joseph, qui disparaît discrètement de la scène évangélique. Il convenait en effet qu’il s’efface pour que tous les regards se concentrent sur Jésus, puisque c’est en lui que nous pouvons voir le Père (Jean 14,9). La moyenne d’âge des hommes au 1er s. de notre ère en Palestine, était d’environ 50 ans. Dans l’hypothèse où Joseph se serait marié, comme le veut le Talmud, vers l’âge de 20 ans, il atteint le demi-siècle lorsque Jésus a 30 ans. Il n’est donc pas impossible que Notre-Seigneur ait attendu le départ de son père pour commencer son ministère public. La discrétion de saint Joseph dans les Évangiles est importante : à l’image du Père des cieux qui nous renvoie vers son Fils, «parfaite effigie de sa Substance» (Hébreux 1,3), Joseph garde le silence et s’efface en présence du Verbe incarné venu nous révéler «son Père et notre Père, son Dieu et notre Dieu» (cf. Jean 20,17).

Après Marie, Joseph est incontestablement le plus grand saint de la chrétienté.

Qui mieux que lui a connu l’Immaculée son Épouse, et Jésus l’Enfant divin qui lui fut confié ? Le cœur de Marie est étroitement uni à celui de son Fils; mais il l’est également à celui de son Époux Joseph; d’où il suit que le Cœur très chaste de Joseph bat à l’unisson des Cœurs de Marie et de Jésus, comme l’a bien vu une dévotion récemment reconnue au Brésil par l’évêque local (Itapiranga). Joseph a parfaitement éteint en lui tout mouvement de volonté propre, pour se soumettre entièrement à la volonté de Dieu, et devenir ainsi le fidèle collaborateur de son dessein de salut, au point qu’on a pu le nommer «l’ombre du Père». Qui d’autre que saint Joseph peut s’arroger la gloire d’avoir nourri du pain de la terre celui qui est le Pain du Ciel ? D’avoir initié aux Écritures celui qui est le Verbe de Dieu fait chair ?

... Et d’avoir sauvé des mains d’Hérode le Sauveur des hommes ?


Joseph a été proclamé Patron de l’Église universelle.

Et comme «les dons de Dieu et son appel sont irrévocables» (Romain 11,29), saint Joseph continue à exercer au Ciel ces ministères en faveur des membres du Corps du Christ, comme il le fit pour la Tête. C’est bien pourquoi, sur la demande des Pères du Concile du Vatican I, le pape Pie IX proclama saint Joseph patron de l’Église universelle (Décret Quemadmodum Deus du 8 décembre 1870). Un demi-siècle plus tard, le pape Benoît XV invitait tous les chrétiens, spécialement les travailleurs et les agonisants, à prendre saint Joseph comme modèle et patron, puisque «la dévotion à saint Joseph conduit normalement à Marie et à Jésus» (Motu proprio Bonum sane du 25 juillet 1920).

Le nom de saint Joseph est désormais introduit dans tous les canons eucharistiques de la messe.

Le pape François a inauguré son pontificat le 19 mars 2013, jour de la saint Joseph, en y voyant «une coïncidence très riche de signification»; il a inscrit dans ses armes pontificales à côté de Jésus et Marie une fleur de nard «symbolisant Joseph» d’après une tradition sur le "bâton de Joseph" répandue dans les pays hispaniques, la fleur de nard disant la pureté et l'amour (Cantique 1,12 ; 4,13-14 ; Marc 14,3 ; Jean 12,3); il a consacré l’État du Vatican à saint Joseph le 5 juillet 2013; et il a fait publier le 1er mai 2013 par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements un décret demandant «que le nom de Saint Joseph, Époux de la Vierge Marie, soit désormais ajouté aux canons de la troisième édition typique du Missel Romain, après le nom de la Bienheureuse Marie toujours Vierge». Ce geste est loin d’être anodin parce que ce n’est pas tous les jours que l’Église change la lex orandi, la loi de la prière, qui est lex credendi, norme de la foi ! Par cet acte extraordinaire au sens propre, l’Église semble vouloir reconnaître toujours davantage la place vraiment unique de saint Joseph dans l’économie de l’Incarnation rédemptrice.

A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Jeu Déc 28 2017, 02:59


(9/9)

La dévotion à saint Joseph a été tardive, mais elle a un bel avenir devant elle.
Il nous faut tous avec lui «revenir à Nazareth» (Luc 2,39). Intentionnellement ou non, Marie à Cana a repris les mots de la Genèse
adressés au Patriarche Joseph : «Faites tout ce qu'il vous dira» (Genèse 41,55)

La dévotion à Saint Joseph a été tardive mais elle promet de se révéler bientôt.

«Le voile qui couvre le nom et la puissance du vénérable Joseph durant les premiers âges chrétiens apparaît comme le prolongement du silence dans lequel il a enveloppé sa carrière mortelle; c’est la continuation de cette vie cachée dont les splendeurs devaient d’autant plus émerveiller l’intelligence et le cœur des fidèles que la révélation en aurait plus longtemps été contenue», explique le cardinal Pie (1815-1880).

Il nous faut tous « revenir à Nazareth » (Luc 2,39).

En méditant sur le mystère de la vie cachée, nous devons comprendre que, si Jésus a passé trente longues années à Nazareth, ce n’était pas seulement pour préparer sa vie publique, mais surtout pour nous indiquer la route à suivre. Jésus est en effet pour nous «le chemin, la vérité et la vie» (Jean 14,6) dès le premier moment de sa conception, et pas seulement durant les trois années de sa vie missionnaire. En demeurant ainsi sous l’autorité de Joseph et de Marie, Notre Seigneur nous invite à faire de même : c’est à Nazareth, à l’école des parents de Jésus, que le germe de vie divine reçu au baptême, peut grandir, mûrir, s’épanouir, afin de porter tous les fruits que Dieu est en droit d’en attendre. Nous devons tous être très désireux de grandir, comme Jésus et avec lui, «en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes» (Luc 2,52), à l’école de la Sainte Famille.

«Allez trouver Joseph, et faites tout ce qu'il vous dira» (Genèse 41,55).

Marie a repris pour Jésus les mots de Pharaon au sujet du patriarche Joseph pour nous inviter à suivre son Fils Jésus à Cana : «Faites tout ce qu'il vous dira !» (Jean 2,2). Elle n’avait de cesse de méditer toutes les paroles de l'Ancien Testament dans son cœur. Lorsqu'elle a constaté que Dieu lui demandait de se marier avec Joseph, Marie a certainement immédiatement repensé à toutes les paroles de l’Ancien Testament qui n'avaient cessé de nourrir toute sa jeunesse, spécifiquement celles consacrées au patriarche Joseph, vendu par ses frères à une caravane d'Ismaélites se dirigeant vers l'Égypte, revendu à un fonctionnaire égyptien, invité par le Pharaon à interpréter les songes des sept vaches grasses et des sept vaches maigres, gagnant finalement la confiance totale de Pharaon qui l’établit comme son premier ministre, lui donnant «autorité sur tout le pays d'Égypte». Durant les sept années d'abondance, Joseph «rassembla à l'intérieur des villes la nourriture qui venait de la campagne. Ainsi Joseph entassa une quantité de blé impossible à compter, comme le sable de la mère : oui c'était vraiment sans mesure !». Or, dans la Bible, au chapitre 41 de la Genèse, versets 53 à 55, nous pouvons lire : «Après les sept années d'abondance du pays d'Égypte, arrivèrent les sept années de famine, comme l'avait annoncé Joseph. C'était la famine dans tous les pays, mais en Égypte, il y avait du pain. Puis l'Égypte à son tour connut la faim et le peuple fit appel à Pharaon pour avoir du pain. Le pharaon dit à toute l'Égypte : «Allez trouver Joseph, faites ce qu’il vous dira"»

Ce sont précisément les mots que Marie reprendra à son compte à Cana.

D’une certaine façon, Marie est la première à nous inviter à nous tourner vers Joseph, à le prier,
à faire tout ce qu’il nous dira, si nous voulons rencontrer son fils Jésus. Avec Marie, avec notre pape François, allons donc retrouver Joseph,
méditons avec lui les événements de la Sainte-Famille de Nazareth, implorons sa protection, demandons son aide, laissons-nous guider par
lui : Il intercédera auprès de son fils Jésus pour nous et nos familles ! Cette demande de Marie est aussi celle de Jésus,
comme nous le rappelle cette magnifique statue de l’Église Saint Joseph à Nazareth.



https://questions.aleteia.org/articles/135/qui-est-vraiment-saint-joseph/

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Dim Déc 31 2017, 12:43

On peut aussi mieux connaître Joseph en lisant l'une ou l'autre vision donnée à Maria Valtorta et aussi certains commentaires de Jésus :

Maria VALTORTA
Volume I, chapitre 19, pages 78 à 84.

JOSEPH DÉSIGNÉ COMME ÉPOUX POUR LA VIERGE

Je vois une riche salle, bien parée, avec des tentures, des tapis et des meubles de marqueterie. Elle doit encore faire partie du Temple, parce qu'il s'y trouve des prêtres et, parmi eux Zacharie et beaucoup d'hommes de tout âge de vingt à cinquante ans plus ou moins.

Ils parlent entre eux doucement, mais la conversation est animée. Ils paraissent inquiets pour une raison que j'ignore. Tous sont en habit de fête avec des vêtements neufs ou au moins très rafraîchis comme s'ils étaient venus pour une fête. Beaucoup ont enlevé le turban qui leur sert de couvre-chef, d'autres l'ont encore, surtout les plus âgés pendant que les jeunes montrent leur têtes nues, aux cheveux blonds foncé, d'autres bruns, quelques uns très noirs, un seul avec des cheveux rouges cuivrés. Les chevelures sont courtes en majeure partie mais il y en a de longues arrivant même jusqu'aux épaules. Ils ne doivent pas se connaître tous entre eux car ils s'observent avec curiosité. Mais ils semblent parents car on se rend compte qu'une seule pensée les préoccupe.

Dans un coin, je vois Joseph. Il parle avec un vieillard bien portant. Joseph est sur les trente ans. Un bel homme aux cheveux courts et plutôt épais, d'un brun châtain comme la barbe et les moustaches qui ombragent un beau menton et montent vers les joues brun rouge, pas olivâtres comme chez les autres bruns. Il a les yeux sombres, bons et profonds, très sérieux, je dirais presque un peu tristes. Mais pourtant quand il sourit, comme à présent, ils expriment la joie et la jeunesse. Il est entièrement vêtu de marron clair, tenue simple mais très correcte.

Un groupe de jeunes lévites entre. Ils se rangent entre la porte et une table longue et étroite qui est près du mur au centre duquel se trouve la porte qui reste ouverte. Il y a seulement une tenture qui pend jusqu'à vingt centimètres de terre et qui recouvre l'entrée.

La curiosité du public s'aiguise et plus encore quand une main écarte le rideau pour donner passage à un lévite qui porte dans ses bras un faisceau de branches sèches sur lequel est posé délicatement un rameau fleuri. De légers flocons de pétales blancs à peine teintées d'une nuance rose qui à partir du centre s'irradie de plus en plus tendre jusqu'à l'extrémité des pétales légers. Le lévite dépose le faisceau de branches sur la table avec de délicates précautions pour ne pas abîmer ce rameau miraculeusement fleuri au milieu de tant de branches sèches.

Un bruit se répand dans la salle. Les cous s'allongent, les regards se font plus attentifs pour mieux voir. Zacharie lui-même, avec les prêtres plus proches de la table cherche à voir, mais il ne voit rien. Joseph dans son coin donne à peine un coup d ' oeil au faisceau de branches et quand son interlocuteur lui dit quelque chose, il fait un signe qui veut dire : «Impossible !» et il sourit.

Un son de trompette derrière le rideau. Silence complet, et tous se rangent en bel ordre, la figure tournée vers la sortie qui maintenant apparaît toute découverte parce qu'on a fait courir le rideau sur ses anneaux. Entouré d'autres anciens le Grand Prêtre fait son entrée. Tous s'inclinent profondément. Le Pontife va auprès de la table et parle tout en restant debout.

«Hommes de la race de David, qui êtes venus à mon appel, écoutez. Le Seigneur a parlé, louange à Lui ! De sa Gloire un rayon de lumière est descendu comme un soleil de printemps et a donné vie à un rameau sec. Il a fleuri miraculeusement, alors qu'aucun rameau sur la terre n'est fleuri en ce moment, dernier jour de l'Encénie, bien que la neige tombée ne soit pas encore disparue sur les hauteurs de Juda. C'est l'unique blancheur entre Sion et Béthanie. Dieu a parlé en se faisant père et tuteur de la Vierge de David qui n'a que Lui comme seule protection. Sainte enfant, gloire du Temple et de sa race, elle a mérité que la parole de Dieu lui fasse connaître le nom de l'époux agréable à l'Eternel. Vraiment juste doit être celui-là, l'Elu du Seigneur pour être le tuteur de la Vierge qui lui est si chère ! Aussi notre peine de la perdre s'apaise et nous n'avons plus de préoccupations sur son destin d'épouse.

A celui que Dieu a désigné nous confions en toute sécurité la Vierge sur laquelle repose la bénédiction de Dieu et la nôtre. Le nom de l'époux est Joseph de Jacob, de Bethléem de la tribu de David, charpentier à Nazareth de Galilée. Joseph, avance. C'est le Grand Prêtre, qui te l'ordonne.»

Beaucoup de bruit. Têtes qui se retournent, des mains, des yeux qui se font signe, déceptions et satisfactions. Il en est, surtout parmi les plus âgés, qui doivent être heureux que le sort ne soit pas tombé sur eux.

Joseph tout rouge et gêné s'avance. Il est maintenant devant la table en face du Pontife qu'il a salué respectueusement.
«Venez tous et regardez le nom inscrit sur le rameau, que chacun prenne sa propre branche pour s'assurer qu'il n'y a pas de fraude.»

Les hommes obéissent. Ils regardent le rameau délicatement tenu par le Grand Prêtre, chacun prend le sien. Les uns le brisent, d'autres le gardent. Tous regardent Joseph. Certains le regardent en silence, d'autres le félicitent. Le petit vieux avec lequel il parlait au début de la séance lui dit : «Je te l'avais dit, Joseph. C'est celui qui se sent le moins assuré qui gagne la partie.» Maintenant tous ont défilé.

Le Grand Prêtre donne à Joseph le rameau fleuri et puis lui met la main sur l'épaule en disant : «Elle n'est pas riche, et tu le sais, l'épouse que Dieu te donne. Mais en elle est toute vertu. Sois-en toujours plus digne. Il n'y a pas une fleur aussi belle et pure comme elle en Israël. Sortez tous maintenant. Joseph reste. Et toi, Zacharie, son parent, amène l'épouse.»

Tous sortent sauf le Grand Prêtre et Joseph. On fait retomber le rideau sur la porte.

Joseph se tient humblement près du Prêtre majestueux. Un silence, et puis il lui dit: « Marie doit te dire le vœu qu'elle a fait. »
Aide sa timidité. Sois bon, avec elle si bonne. »

«Je mettrai à son service toutes mes forces, et pour elle aucun sacrifice ne me pèsera. Sois-en assuré.»

Marie entre avec Zacharie et Anne de Phanuel. «Viens, Marie» dit le Pontife. «Voici l'époux que Dieu te destine. C'est Joseph de Nazareth. Tu retourneras donc dans ta cité. Maintenant je vous laisse. Dieu vous donne sa bénédiction, que le Seigneur vous garde et vous bénisse, qu'Il vous montre sa face et ait pitié de vous, toujours. Qu' Il tourne vers vous son visage et vous donne la paix.» Zacharie sort pour accompagner le Pontife. Anne se félicite avec l'époux et sort elle aussi.

Les deux fiancés sont en face l'un de l'autre. Marie, toute rouge, a la tête inclinée. Joseph, un peu rouge aussi, l'observe et cherche les paroles à lui dire pour commencer. Il les trouve finalement et un sourire éclaire son visage. Il dit : « Je te salue Marie. Je t'ai vue toute petite alors que tu avais quelques jours... J'étais l'ami de ton père et j'ai un petit-fils de mon frère Alphée qui aimait tant ta mère. C'était pour elle un petit ami, car il n'a que dix huit ans et quand tu n'étais pas encore née, c'était un tout petit homme et il réjouissait la tristesse de ta mère qui l'aimait tendrement. Tu ne nous connais pas parce que tu es venue ici, au Temple, toute petite. Mais à Nazareth, tout le monde t'aime bien et parle de la petite Marie de Joachim dont la naissance fut un miracle du Seigneur qui fit refleurir la stérile... Et moi, je me rappelle le soir de ta naissance... Tout le monde s'en souvient à cause du prodige d'une forte pluie qui sauva les récoltes et d'un violent orage dans lequel les coups de foudre ne brisèrent pas même un brin de bruyère sauvage et qui se termina par un arc-en-ciel plus grand et plus beau qu'on n'ait jamais vus.

Et puis... qui ne se pas rappelle la joie de Joachim ? Il te balançait en te montrant aux voisins... comme si tu avais été une fleur venue du Ciel, il t'admirait et voulait communiquer à tous son admiration. Heureux et vieux père, qui mourut en parlant de sa Marie, si belle et si bonne et dont les paroles étaient pleines de grâce et de sagesse... Il avait raison de t'admirer et de dire qu'il n'y a pas une plus belle que toi ! Et ta mère ? Elle remplissait de son chant le coin où est ta maison. On aurait dit une alouette au printemps quand elle te portait et après quand elle t'allaitait. C'est moi qui ai fait ton berceau, un petit berceau orné de roses sculptées comme le voulait ta mère. Peut-être est-il encore dans votre demeure fermée... Je suis âgé, moi, Marie. Quand tu es née, je faisais mon apprentissage. Je travaillais déjà... Qui m'aurait dit que je t'aurais eue pour épouse ! Peut-être la mort des tiens aurait été plus heureuse parce que nous étions amis. J'ai enseveli ton père, le pleurant d'un coeur sincère car il avait été un bon maître pour ma vie.»

Marie redresse doucement, doucement le visage, de plus en plus rassurée en entendant Joseph lui parler ainsi. Quand il parle du berceau elle esquisse un sourire et quand Joseph lui parle de son père, elle lui tend la main et lui dit : «Merci, Joseph.» Un «merci» timide et plein de douceur.

Joseph prend entre ses mains courtes et robustes de charpentier la petite main de jasmin et la caresse avec une affection qui ne cesse de tâcher à la rassurer. Peut-être attend-il d'autres paroles, mais Marie se tait de nouveau. Alors il reprend : «La maison, tu le sais, est intacte, sauf la partie qui a été abattue par ordre du Consul pour transformer le sentier en une route pour les fourgons de Rome. Mais les champs, ce qui t'en est resté parce que tu sais... la maladie de ton père a coûté une grande partie de tes biens, sont un peu négligés. Il y a plus de trois printemps que les arbres et les vignes n'ont pas vu le sécateur du jardinier et la terre est inculte et dure. Mais les arbres qui t'ont vue toute petite sont encore là et, si tu le permets, je m'en occuperai de suite.»

«Merci, Joseph. Mais tu as déjà ton travail...»

«Je travaillerai à ton jardin les premières et les dernières heures du jour. En ce moment les jours allongent. Pour le printemps, je veux que tout soit en ordre pour te faire plaisir. Regarde, c'est un rameau de l'amandier qui touche la maison. J'ai voulu le cueillir …--- on entre de tous côtés par la haie éventrée mais je vais la refaire solide et bien fournie --- j'ai voulu cueillir ce rameau dans le cas où le choix serait tombé sur moi --- mais je ne l'espérais pas parce que je suis naziréen et j'ai obéi à la convocation parce qu'elle émanait du Prêtre, non par désir du mariage --- je l'ai donc cueilli, disais-je, en pensant que tu serais contente d'avoir une fleur de ton jardin. Le voilà, Marie. Avec lui je te donne mon coeur qui jusqu'à présent n'a fleuri que pour le Seigneur et maintenant fleurit pour toi, mon épouse.»

Marie prend le rameau. Elle est émue et regarde Joseph d'un air plus rassuré et radieux. Elle se sent sûre de lui, quand ensuite il lui dit : «Je suis naziréen» son visage devient tout lumineux et elle prend courage. «Moi aussi, j'appartiens toute à Dieu, Joseph. Je ne sais si le Grand Prêtre te l'a dit...»

«Il m'a dit seulement que tu es bonne et pure et que tu dois me faire connaître un voeu que tu as fait, et d'être bon avec toi. Parle, Marie. Ton Joseph veut te rendre heureuse en tous tes désirs. Je ne t'aime pas selon la chair. Je t'aime selon mon esprit, sainte enfant que Dieu me donne ! Vois en moi un père et un frère, pas seulement un époux. Confie-toi à moi comme à un père, aie confiance comme en un frère.»

«Toute enfant, je me suis consacrée au Seigneur. Je sais que cela ne se fait pas en Israël, mais j'ai entendu une voix qui me demandait ma virginité en sacrifice d'amour pour l'avènement du Messie. Il y a si longtemps qu' Israël l'attend … Ce n'est pas trop de renoncer pour cela à la joie d'être mère !... »

Joseph la regarde fixement comme s'il voulait lire au fond de son coeur et puis, prenant les deux petites mains qui tiennent encore entre leurs doigts le rameau fleuri il lui dit : «Moi aussi, j'unirai mon sacrifice au tien et par notre chasteté nous témoignerons tant d’amour à l’Eternel, tant d’amour que Lui donnera plus tôt le Sauveur à toute la terre, nous permettant de voir sa Lumière illuminer le monde. Viens, Marie. Allons devant sa Maison et jurons de nous aimer comme les anges s'aiment entre eux. Puis, j'irai à Nazareth préparer tout pour toi, dans ta maison si tu préfères ou ailleurs si tu veux.»

«Dans ma maison... Il y avait une grotte, au fond... y est-elle encore ?»
« Elle y est toujours, mais elle ne t'appartient plus... Mais je t'en ferai une tranquille et fraîche où tu pourras te retirer pendant les heures les plus chaudes de la journée. Je la ferai aussi grande. Et puis, dis-moi, qui veux-tu pour te tenir compagnie ?»

«Personne. Je n'ai pas peur. La mère d'Alphée qui vient toujours me voir me tiendra un peu compagnie le jour. La nuit, je préfère être seule. Aucun mal ne peut m'arriver.»

«Et puis, maintenant j'y suis moi... Quand dois-je venir te prendre ?»  

«Quand tu veux, Joseph.»  «Alors je viendrai dès que la maison sera bien rangée. Je ne dérangerai rien. Je veux que tu la trouves comme ta mère l'a laissée. Mais je la veux toute ensoleillée et très propre pour qu'elle t'accueille sans tristesse. Viens Marie, allons dire au Très-Haut que nous Le bénissons».

Je ne vois rien d’autre. Mais il me reste sur le cœur le sentiment de sécurité qu’éprouve Marie…
A suivre...

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Jeu Jan 04 2018, 07:14

Maria VALTORTA
Volume I, chapitre 21, pages 89 à 91.

Commentaires de Jésus :

«JOSEPH EST PLACÉ COMME UN "SCEAU SUR UN SCEAU" COMME L'ARCHANGE AU SEUIL DU PARADIS»


Jésus dit :  

«Que dit le livre de la Sagesse, en chantant ses louanges » ? "Dans la Sagesse, se trouve en effet l'esprit d'intelligence, saint, unique, multiple, subtil". Il continue en énumérant ses qualités et termine avec ces paroles : "...qu'elle peut tout, qu'elle prévoit tout, qu'elle comprend tous les esprits, qu'elle est intelligente, pure, subtile. La sagesse pénètre tout par sa pureté, c'est une émanation de l'esprit de Dieu... et donc en elle, il n'y a rien d'impur... c'est une image de la bonté divine. Tout en étant unique, son unité peut tout, immuable comme elle est, elle renouvelle toutes choses. Elle se communique aux âmes saintes et forme les amis de Dieu et les Prophètes ".

Tu as vu comment Joseph, non par culture humaine mais par surnaturelle instruction, sait lire dans le livre scellé de la Vierge sans tache, et comment il frôle par sa "vue" les vérités prophétiques en voyant un mystère surhumain là où les autres ne voient qu'une grande vertu. Imprégné de cette sagesse, qui s'exhale de la Vertu de Dieu et qui est une émanation certaine de la Toute Puissance, il se dirige d'un esprit tranquille et sûr dans la mer de ce mystère de grâce qu'est Marie, se rencontre avec Elle en des échanges spirituels où, plutôt que les lèvres, ce sont deux esprits qui se parlent dans le silence sacré des âmes où ils n'entendent que la voix de Dieu et ne la reçoivent que ceux qui sont agréables à Dieu, parce qu'ils Le servent fidèlement et sont remplis de Lui.

La Sagesse du Juste, qui s'accroît par l'union et la présence de la Toute Grâce, le prépare à pénétrer dans les secrets les plus hauts de Dieu pour pouvoir les protéger et les défendre des pièges humains ou démoniaques. Et tout lui est occasion de renouvellement. D'un juste elle en fait un saint, et d'un saint le gardien de l'Epouse et du Fils de Dieu.

Sans soulever le sceau de Dieu, lui le chaste, qui maintenant porte sa chasteté à un héroïsme angélique peut lire la parole de feu écrite sur le diamant virginal par le doigt de Dieu et il y lit ce que dans sa prudence il ne dit pas, mais qui est bien plus grand que ce que Moïse a lu sur les tables de pierre. Et, pour qu'un oeil profane ne déflore pas le mystère, il se place, sceau sur le sceau, archange de feu sur le seuil du Paradis, dans lequel l'Eternel prend ses délices "se promenant à la brise du soir" et en parlant avec Celle qui est son amour, Bois de lys en fleurs, Brise parfumée d'arômes, Brise fraîche matinière, belle Etoile, Délices de Dieu. La nouvelle Eve est là, devant lui non pas os de ses os ni chair de sa chair, mais compagne de sa vie. Arche vivante de Dieu dont il en reçoit la tutelle et qu'il doit rendre à Dieu pure comme il l'a reçue.

"Epouse à Dieu" il était écrit dans ce livre mystique aux pages immaculées... Et quand le soupçon de l'épreuve lui souffla son tourment, lui, comme homme et comme serviteur de Dieu, souffrit, comme personne au monde, pour le sacrilège soupçonné. Mais ce fut là l'épreuve future. A présent, en ce temps de grâce, il voit et il se met au service plus vrai de Dieu. C'est ensuite que viendra l'orage de l'épreuve, comme pour tous les saints, pour être éprouvés et pour être rendus coadjuteurs de Dieu.  

Que lit-on dans le Lévitique ? "Dis à Aaron, ton frère, de ne pas entrer en tout temps dans le sanctuaire qui se trouve derrière le Voile, devant le Propitiatoire qui couvre l'Arche, pour ne pas mourir lorsque J'apparaîtrai dans la nuée au-dessus de l'oracle, de ne pas entrer sans qu'il n'aura fait d'abord ces choses : il offrira un veau, sacrifice pour le péché, et un mouton en holocauste; il revêtira la tunique de lin et avec les caleçons de lin couvrira sa nudité".

Et réellement Joseph entre, quand Dieu le veut et autant que Dieu le veut, dans le sanctuaire de Dieu, au-delà du voile qui cache l'Arche sur laquelle plane l'Esprit de Dieu, et s'offre et offrira l'Agneau, holocauste pour le péché du monde et l'expiation de ce péché. Et cela, il le fait, vêtu de lin avec son corps mortifié par son voeu pour en abolir les instincts qui, un jour, au commencement des temps ont triomphé, lésant les droits de Dieu sur l'homme, et que maintenant il sera piétiné dans le Fils, dans la Mère et dans le père putatif, pour que les hommes retournent à la Grâce, et qu'il soit rendu à Dieu son droit sur l'homme. Il fait cela avec sa chasteté perpétuelle.

Joseph n'était pas au Golgotha ? Il vous semble qu'il ne soit pas parmi les corédempteurs ?
En vérité, je vous dis qu'il en fut le premier et pour cela il est grand aux yeux de Dieu.
Grand par le sacrifice, la patience, la constance, la foi. Quelle foi plus grande que la foi de celui qui a cru
sans avoir vu les miracles du Messie ?


Louange à mon père putatif,
exemple pour vous de ce qui vous manque le plus : pureté, fidélité, amour parfait.
A celui qui a merveilleusement lu le Livre scellé, instruit par la Sagesse, pour savoir comprendre les mystères de la Grâce,
à celui que Dieu a choisi pour protéger le Salut du monde contre les embûches de tous ses ennemis.

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Mer Fév 07 2018, 06:26




"Pourquoi saint Joseph est il si discret?"
par le père Nicolas Buttet

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MessageSujet: Re: Qui est vraiment Saint Joseph ?   Mar Mar 20 2018, 14:02

Litanies en l'honneur de Saint Joseph

Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. (bis)
Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)  

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.  

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.  

Sainte Marie, priez pour nous.
Saint Joseph, priez pour nous.
Illustre descendant de David, priez pour nous.
Lumière des Patriarches, priez pour nous.
Époux de la Mère de Dieu, priez pour nous.
Chaste gardien de la Vierge, priez pour nous.
Nourricier du fils de Dieu, priez pour nous.
Zélé défenseur de Jésus, priez pour nous.
Chef de la Sainte Famille, priez pour nous.
Joseph très juste, priez pour nous.
Joseph très chaste, priez pour nous.
Joseph très prudent, priez pour nous.
Joseph très courageux, priez pour nous.
Joseph très obéissant, priez pour nous.
Joseph très fidèle, priez pour nous.
Miroir de patience, priez pour nous.
Ami de la pauvreté, priez pour nous.
Modèle des travailleurs, priez pour nous.
Gloire de la vie de famille, priez pour nous.
Gardien des vierges, priez pour nous.
Soutien des familles, priez pour nous.
Consolation des malheureux, priez pour nous.
Espérance des malades, priez pour nous.
Patron des mourants, priez pour nous.
Terreur des démons, priez pour nous.
Protecteur de la Sainte Eglise, priez pour nous.  

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.  

V. Dieu l'a établi le chef de sa maison.
R. Et l'intendant de tous ses biens.  

Prions :

O Dieu,
qui, par une providence ineffable, avait daigné choisir le bienheureux Joseph, pour être l'époux de votre Sainte Mère,
faites, nous vous en prions, que, l'honorant ici-bas comme protecteur, nous méritions de l'avoir pour intercesseur dans le ciel :
Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.

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