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 “Ce n'est pas l'abbé Grosjean, c'est mon frère“

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Stan
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Date d'inscription : 30/08/2010
Localisation : Québec, Canada

MessageSujet: “Ce n'est pas l'abbé Grosjean, c'est mon frère“   Jeu Aoû 10 2017, 12:58

Citation :

“Ce n'est pas
l'abbé Grosjean,
c'est mon frère“
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Comment trouver sa place entre frères et sœurs, quand l'un vit caché et l'autre dans la lumière ? Pierre-Hervé et Pascale Grosjean en témoignent à cœur ouvert.


Côté pile : l'abbé Grosjean, curé dans le vent et la lumière, celui que l'on invite sur les plateaux TV quand on veut entendre la voix de l'Église sur un sujet brûlant. Icône pour les uns, bête noire pour les autres. Côté face : Pascale Grosjean, sa sœur, archiviste, handicapée de naissance, loin des flashs et du système médiatique. Lumineuse femme de l'ombre. En apparence aux antipodes et pourtant deux faces d'une même médaille. Pierre-Hervé Grosjean parle d'elle à chacune de ses conférences. 

Ce soir-là, dans une paroisse parisienne, devant des centaines de personnes, il l'affirme : « Je ne me tiendrais pas devant vous si ma petite sœur ne priait pas discrètement, humblement, pour la mission des prêtres. Sa vie est cachée, la mienne est dans la lumière, mais sans elle, je ne serais pas là. »

Un grand frère protecteur


Un aveu d'autant plus surprenant que dans la famille Grosjean, on est plutôt du genre pudique. Pas d'effusions sentimentales, pas de grandes déclarations, mais on fait bloc quand un membre est menacé. Avec Pascale en particulier, Pierre-Hervé assume son côté protecteur : « À l'école, se souvient-il, je faisais attention à elle. Comme si j'avais intégré la réalité qu'elle était plus fragile que les autres et qu'il fallait la protéger de ce monde ambitieux, orgueilleux et violent. La protéger physiquement et affectivement, alors qu'à la maison, elle n'était pas épargnée : elle mettait la table et rendait les mêmes services que les autres. »

Pascale, que nous rencontrons dans un hôpital parisien alors qu'elle vient de subir sa 21e opération, acquiesce : « Pierre-Hervé est protecteur. Sa famille, la foi, son Église, ce sont ses tripes. Si on y touche, c'est la mère lionne qui sort. » Avant ses interviews et ses passages TV délicats, il lui envoie souvent un SMS pour lui demander de prier pour lui. « Je lui dis que je fais plus d'efforts que lui et que ma prière est beaucoup plus efficace que la sienne ! » relève la jeune femme avec une pointe de cet humour pince-sans-rire qui la caractérise.

 Toute grande histoire a son moment fondateur. Pascale se souvient encore de la lettre de trois pages que son frère lui a envoyée juste avant d'entrer au séminaire, pour lui annoncer sa décision de devenir prêtre. Pendant 15 jours, elle digère la nouvelle dans les larmes. « Les chutes du Niagara !, décrit-elle, même si on le sentait arriver. Quand il était petit, il dessinait toujours des militaires et des curés... J'ai pleuré, car c'était mon grand frère et il m'échappait, d'autant que rapidement il a eu pas mal d'admirateurs. »

Pierre-Hervé Grosjean se souvient lui aussi de la lettre : « Je lui ai confié ma vocation à l'avance, car j'avais pressenti que par son courage, sa foi et sa vie de souffrance, elle avait une proximité particulière avec Dieu. » Son regard fixe un point à l'horizon et il poursuit, le visage grave : « Je l'ai souvent sentie plus proche de Dieu que moi. Je me sens bien loin d'avoir la sainteté qu'exigeraient mes fonctions et ce que j'entreprends. L'exposition, je ne la renie pas, j'aime le combat d'idées... mais je me sens très pauvre. J'ai l'impression, souvent de faire de la haute montagne et d'être tenu. Les baudriers de sécurité c'est la prière de ceux qui prient pour moi, au premier rang desquels il y a ma petite soeur. »


Échanges spirituels


Quand, à son tour, Pascale l'intercesseuse parle de son frère, c'est étonnamment avec les mêmes mots : « Nous avons passé une sorte de marché, explique la jeune femme, je prie pour lui et il prie pour moi. Avoir un frère prêtre est une bonne chose car dans les moments les plus difficiles, les nuits de foi que je traverse à cause de la souffrance, je sais qu'il me supplée et me suppléera. »

Les échanges spirituels entre ces deux forts caractères se font un peu comme dans un système de vases communicants : si l'un tombe, l'autre veille pour deux. Mais tout de suite, elle ajoute, dans un éclat de rire : « À ce propos, je ne sais pas ce qu'il vous a dit à mon sujet, alors mettons les choses au point : je ne suis pas une sainte ! » Si elle évoque son rôle auprès de lui, c'est immédiatement pour rappeler qu'il ne s'agit pas d'un rôle. Du jour où il est devenu prêtre, frères et sœurs, Pascale en tête, ont tenu à mettre les points sur les i : passé le seuil de cette maison, pas de « père » ou d'« abbé » qui tienne. « Chez nous, c'est PH, il reçoit les mêmes noms d'oiseaux que les autres et il fait la vaisselle comme tout le monde ! »

Elle n'hésite pas à le bousculer : « L'année dernière, j'ai traversé une phase difficile dans ma maladie. Je lui disais : qu'est-ce qu'il fait, ton Dieu ? Qu'est-ce que tu fous dans tes prières ? » Non sans émotion, il revient lui aussi sur cet épisode : « Elle me disait : protège-moi. Et je ne pouvais pas. J'aurais voulu échanger ma place contre la sienne, mais en fait, on ne peut pas échanger nos vies et on se sent tout petit, surtout quand on est grand frère et prêtre. »

Le cœur de l'homme


Pascale respecte le prêtre, l'admire, même, mais elle connaît aussi le cœur de l'homme, depuis l'enfance. Cette démarche, elle la compare volontiers au regard qu'elle a appris à poser sur les médecins qui la soignent depuis des années : « Au lycée, raconte-t-elle, j'avais une amie, Agnès, qui avait de gros problèmes cardiaques, une miraculée de chaque minute à qui je dois beaucoup. Quand j'ai vécu ma première grosse hospitalisation de trois mois, Agnès m'a dit : "Il faut que tu sois partie prenante de ton traitement, acteur de tes problèmes et que tu n'oublies jamais que derrière les blouses blanches, les médecins sont des hommes." »
 

Aux commentaires agressifs sous les vidéos des passages TV de son frère, elle répond : « Ce n'est pas "l'abbé Grosjean", c'est mon frère. » Aussitôt, elle ajoute : « À ceux qui voient en lui le saint curé d'Ars j'ai aussi envie de dire : ce prêtre qui a entre ses mains le corps du Christ est aussi un homme. Ne le canonisez pas trop vite, de toute façon il n'est pas mort. D'ailleurs je lui ai interdit de mourir trop tôt, parce que j'aurais du mal à lui pardonner. »

Source : http://www.lavie.fr/dossiers/fratries/ce-n-est-pas-l-abbe-grosjean-c-est-mon-frere-09-08-2017-84146_916.php




Stan

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